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Le possible retour de Sarkozy pour la présidentielle de 2017 indispose l'UMP

04/10/2012 05:20 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST
AFP

PARIS - L'ancien président français Nicolas Sarkozy n'est plus là, mais son ombre continue de planer sur son parti, l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Désormais, certains membres de l'UMP s'en agacent ouvertement.

Peu à peu, les langues se délient parmi certains cadres de l'UMP pour tourner la page Sarkozy.

«On ne se baigne pas plusieurs fois dans le même fleuve», a lancé jeudi l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. «Je préférerais que la jeune génération assume notre avenir», a-t-il ajouté.

Des propos qui interviennent alors que l'hypothèse d'un retour de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2017 est revenue en force cette semaine.

«Vu l'état désastreux dans lequel la France risque de se trouver dans cinq ans, je n'aurai pas le choix en 2017», aurait déclaré l'ancien président à son ex-ministre Bruno Le Maire, selon «Le Canard enchaîné».

Mercredi, l'ancien premier ministre François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP, a pris ses distances avec ces spéculations.

«Si un jour Nicolas Sarkozy veut revenir dans la vie politique, eh bien à ce moment-là il reviendra, mais on ne va pas passer chacune de nos journées d'ici la fin du quinquennat à se poser la question de savoir si Nicolas Sarkozy va revenir ou pas», a-t-il lancé.

«Notre responsabilité aujourd'hui, c'est d'incarner le redressement national, pas d'attendre une décision qui ne regarde que lui et qui sera de toute façon, quelle qu'elle soit, une décision que nous respecterons», a ajouté M. Fillon.

Si la démarche est encore prudente, le pari est risqué pour François Fillon, tant les adhérents de l'UMP sont encore nostalgiques de Nicolas Sarkozy. Un ressort sur lequel s'appuie d'ailleurs son rival à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé, qui a plusieurs fois répété qu'il s'effacerait en cas de retour de Nicolas Sarkozy.

Parmi ses proches, on juge donc avec sévérité les déclarations récentes sur un éventuel retour de l'ancien président.

«J'assume pleinement les années Sarkozy et je regarde avec un certain agacement certains de mes amis, tous les jours, prendre leurs distances avec le bilan», a lancé l'ancien ministre Luc Chatel jeudi. «Ce n'est pas en enterrant Sarkozy qu'on rassemblera l'UMP.»