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Éclosion de la légionellose en 1996 : la Régie du bâtiment rejette le blâme

04/10/2012 08:44 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST
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File photo dated 25/05/11 of a stethoscope around a person's neck as thousands of hospital deaths could be prevented if doctors and nurses used a standardised bed chart, the Royal College of Physicians (RCP) said.

La Régie du bâtiment du Québec refuse de porter le blâme pour ne pas être intervenue après la première éclosion de légionellose à Québec, en 1996. Des documents obtenus par Radio-Canada démontrent pourtant qu'une recommandation faite par la Santé publique pour réglementer les tours de refroidissement n'a pas été suivie par la Régie du bâtiment, il y a 15 ans.

En entrevue à Radio-Canada, le porte-parole de l'organisme Charles Tanguay a affirmé que la Régie du bâtiment n'avait pas le pouvoir d'intervenir en 1997 pour réglementer l'entretien des tours de refroidissement. « Jusqu'au changement de la loi en 2010, nous ne pouvions pas intervenir. Notre intention, actuellement, c'est d'attacher ça au nouveau code de sécurité sur le bâtiment en intégrant une réglementation des tours de refroidissement, pour qu'on puisse régler cette question-là, de la légionellose. »

Rappelons que l'ex-ministre du Travail, Lise Thériault, a demandé la réglementation du nettoyage et l'entretien des tours de refroidissements le 24 août dernier. La politique est en cours d'élaboration. Le gouvernement de Pauline Marois a d'ailleurs fait savoir qu'il serait prêt à intervenir pour accélérer le processus si la Régie du bâtiment n'avait pas tous les pouvoirs nécessaires actuellement pour intervenir.

Quant aux documents qui démontrent que le directeur général de la Régie du bâtiment, Jean-Claude Riendeau, a résisté aux pressions de la sous-ministre adjointe à la Santé en 1997, Christine Colin, pour réglementer les tours de refroidissement, le porte-parole de la Régie du bâtiment croit qu'il est prématuré de tirer des conclusions.

Selon Charles Tanguay, la responsabilité du dossier implique plusieurs ministères et il est difficile de savoir ce qui s'est réellement passé, en 1997. « C'est un peu plus compliqué que de dire : "la Régie a refusé de réglementer." Qu'est-ce qui s'est passé réellement? Il y avait une volonté à l'époque de réglementer et il faudra examiner ce qui est arrivé. »

La Régie du bâtiment mise sur la prochaine enquête publique du coroner sur l'épidémie de légionellose à Québec pour faire la lumière sur la gestion de la crise en 1996. Selon M. Tanguay, l'objectif n'est pas de trouver des coupables, mais d'éviter qu'une autre crise d'une telle ampleur ne survienne à l'avenir.

Lors de la dernière éclosion de la maladie l'été dernier à Québec, 180 personnes ont été infectées par la bactérie Legionella pneumophila et 13 sont décédées.