NOUVELLES

Laval veut garder la position de tête

04/10/2012 06:27 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST

Depuis neuf ans, le Rouge et Or de l'Université Laval règne sans montrer la moindre ouverture sur le football universitaire québécois.

Un texte d'Antoine Deshaies

Cette année, le classement national, auquel l'entraîneur Danny Maciocia accorde bien peu d'importance, place toutefois les Carabins devant le Rouge et Or, même si les deux équipes n'ont pas encore subi la défaite.

Les deux prochains matchs entre les éternels rivaux donneront une meilleure idée de la valeur réelle des deux équipes. Pour Danny Groulx, joueur de ligne offensive du Rouge et Or, la réponse est pourtant claire.

« On veut encore le prouver contre Montréal, on veut prouver que nous sommes les meilleurs », explique le gentil géant, sourire en coin.

Statistiquement, les deux équipes sont nez à nez. L'Université Laval est première pour les points marqués tandis que la défense de l'Université de Montréal mène avec une moyenne de neuf maigres points accordés par match.

« La défense a toujours été excellente, c'est la marque de commerce des Carabins, explique Justin Éthier, le coordonnateur offensif du Rouge et Or. C'est encore le cas cette année. »

La différence, c'est que cette année, l'attaque des Carabins joue aussi bien que la défense.

« Leur coordonnateur offensif fait un excellent travail pour diversifier leurs jeux, explique l'ailier défensif Arnaud Gascon-Nadon. C'est la raison principale qui explique leurs succès. »

Les Carabins devront faire preuve de patience en courant avec le ballon. Depuis le début de la saison, Gascon-Nadon et ses coéquipiers sont intraitables contre la course.

« C'est bon d'affronter les Carabins deux semaines de suite, ajoute Gascon-Nadon. Ça nous force à atteindre un niveau de préparation et d'intensité qu'on veut ensuite garder jusqu'au match de la Coupe Vanier, notre objectif année après année. »

Trève d'amitié pour la semaine

La rivalité entre les Carabins et le Rouge et Or repose en partie sur l'intimité entre les joueurs. Tous se connaissent, certains sont d'anciens adversaires, d'autres anciens coéquipiers et parfois même encore amis.

Par exemple, Jean-Alexandre Bernier, du Rouge et Or, pourrait retrouver son bon ami Simon Légaré, des Carabins, sur la ligne de mêlée. L'amitié fait toutefois relâche avant et pendant le match.

« On garde généralement contact avec nos amis des autres équipes, mais pas la semaine d'un affrontement, confie Arnaud Gascon-Nadon, colocataire de Bernier. On fait relâche sur les messages textes, sur les messages Facebook et Twitter. »

« On est tellement dans notre cocon, on passe la semaine à se préparer pour déjouer l'adversaire le dimanche. On discutera après le match. »

Et encore, la discussion sera sans doute brève puisque les deux équipes se retrouveront six jours plus tard.

Justin 2.0 ou 1.1 ?

Justin Éthier renouera aussi avec les Carabins, dimanche, après deux ans loin du terrain. Le coordonnateur offensif, dont le retour à la tête de l'attaque du Rouge et Or a coïncidé avec un véritable déluge de points, ne cache pas son plaisir.

« Les joueurs adorent ce genre de matchs, les entraîneurs aussi. Les joueurs sont plus réceptifs à nos discours dès le début de la semaine. Ils sont choyés d'avoir la chance de jouer des matchs aussi intenses devant d'aussi grandes foules. »

Jeudi midi, plus de 14 000 billets avaient déjà trouvé preneur. Mais Éthier assure que tout ça ne change rien à son travail.

« C'est sûr que c'est agréable le jour du match, mais on est tellement concentré le reste de la semaine qu'on n'a pas vraiment le temps d'y penser. »

Éthier est donc retombé dans la marmite du football moins de deux ans après l'avoir quittée. Si l'homme dit s'être assagi, l'entraîneur lui, ne s'est pas nécessairement adouci.

« Je suis peut-être un peu plus patient, mais je suis le même qu'avant. C'est souvent un danger de vouloir trop changer. Ma recette fonctionnait bien, je dois rester fidèle à ce que j'étais. Je suis aussi perfectionniste qu'avant. »

Parions que si le match est serré au quatrième quart, on verra le bon vieux Justin intense et concentré.

PLUS: