OTTAWA - L'opposition officielle n'a pas manqué de rappeler que Robert Abdallah - dont le nom est ressorti à la Commission Charbonneau mardi - était autrefois le choix de prédilection du gouvernement conservateur pour occuper le poste de président du Port de Montréal.

Pourquoi les conservateurs voulaient-ils tant nommer cet ancien directeur général de la Ville de Montréal à la tête de l'agence fédérale? La question a été posée par le Nouveau Parti démocratique à la Chambre des communes, sans grand succès.

L'ex-entrepreneur Lino Zambito a allégué mardi à la Commission Charbonneau qu'il devait se procurer des tuyaux d'égout pour effectuer ses travaux auprès de la compagnie Tremca même si c'était plus cher. Il a affirmé qu'on lui avait expliqué que Tremca avait une entente avec M. Abdallah, alors directeur de la Ville de Montréal, et qu'il serait dédommagé pour le prix plus élevé. Tout cela, aux dépens du contribuable.

M. Abdallah avait été mêlé à une controverse voulant qu'en 2007 le gouvernement fédéral, par la voix de Dimitri Soudas, l'ancien attaché de presse du premier ministre Stephen Harper, ait signifié au conseil d'administration du Port que M. Abdullah était le candidat préféré d'Ottawa.

Au final, ce n'était toutefois pas M. Abdallah qui avait obtenu le poste.

À la période de questions, mardi, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a demandé au gouvernement pourquoi il avait tenté de faire en sorte que M. Abdallah soit nommé.

«Pourquoi les conservateurs voulaient-ils tant le placer quelque part? Est-ce parce qu'il sait très bien comment contourner les règles au bénéfice de ses amis?», a lancé le porte-parole adjoint en matière d'éthique.

Le secrétaire parlementaire Pierre Poilièvre a répondu que le président du Port de Montréal est nommé par le conseil d'administration. Il a contre-attaqué avec une flèche personnelle, en évoquant les liens antérieurs de M. Boulerice avec Québec solidaire.

La réplique conservatrice a donc laissé les néo-démocrates sur leur faim.

«Il y a des noms qui reviennent constamment et nous on se demande (..) pourquoi les conservateurs voulaient absolument placer M. Abdallah», a expliqué M. Boulerice. Il a spécifié que ce sera à la cour de déterminer si les allégations de M. Zambito sont vraies, mais que d'ici là, le rôle de l'opposition officielle était de poser des questions aux troupes de M. Harper. «Malheureusement, ils ne répondent pas.»

Du côté des libéraux, on a opté pour plus de prudence. Le chef libéral intérimaire, Bob Rae, a fait valoir que beaucoup de noms allaient être nommés au cours des audiences de la Commission Charbonneau.

«On ne peut pas arriver à la conclusion que quelqu’un est coupable juste par le fait qu’il est nommé dans une commission», a-t-il indiqué.

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