NOUVELLES
01/10/2012 11:41 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

Pots-de-vin présumés au CUSM : silence à SNC-Lavalin

Le nouveau président de SNC-Lavalin, l'Américain Robert Card, n'a pas voulu commenter lundi les informations selon lesquelles le géant de l'ingénierie aurait obtenu le contrat de construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) grâce à des paiements douteux de 22 millions de dollars.

Selon le quotidien montréalais La Presse, ces versements feraient partie du stratagème dévoilé en février par SNC et qui a fait chuter sa valeur boursière.

Les 22 millions de dollars n'auraient pas été versés au Canada et auraient plutôt transité par plusieurs pays en 2010 et en 2011. Les paiements auraient été faits en vertu d'un contrat avec une firme en apparence fictive.

Jusqu'à ce jour, on croyait que les mystérieux paiements, qui totalisent 56 millions $US, concernaient uniquement des projets réalisés à l'extérieur du pays.

Au cours d'une conférence de presse téléphonique, lundi matin, M. Card, qui venait tout juste d'entrer en fonctions officiellement, a refusé net de parler des enquêtes policières impliquant SNC-Lavalin.

Quand on lui a demandé ce qu'il pensait de la situation actuelle au Québec, alors que les travaux de la Commission Charbonneau battent leur plein, il a répondu que des problèmes de corruption entachaient l'industrie de la construction dans plusieurs pays.

Le nouveau PDG a reconnu qu'il allait devoir « livrer la marchandise » pour redonner confiance aux investisseurs choqués par les événements des derniers mois.

M. Card remplace Pierre Duhaime, qui a été relevé de ses fonctions en avril parce qu'il était au courant des malversations de 56 millions $US. M. Duhaime a quitté SNC-Lavalin avec « un arrangement de départ » de 5 millions de dollars.

Un projet d'envergure

Le chantier du CUSM est l'un des plus importants projets gouvernementaux en Amérique du Nord.

Le projet de 1,3 milliard de dollars a été accordé en 2010 à un consortium formé de SNC-Lavalin et de la firme anglaise Innisfree. Le contrat prévoit que les entreprises seront responsables de la gestion de l'hôpital pendant 30 ans après la construction.

Le 18 septembre, l'escouade Marteau a perquisitionné les bureaux du CUSM et d'Infrastructure Québec, l'agence de gestion des partenariats public-privé.

L'action de SNC-Lavalin reculait de 1,3 % lundi matin pour s'échanger à 37,44 $, à la Bourse de Toronto.

PLUS: