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Le procès en appel des Pussy Riot reporté

01/10/2012 02:09 EDT | Actualisé 30/11/2012 05:12 EST

Le procès en appel des trois jeunes femmes du groupe punk russe Pussy Riot, condamnées à deux ans de prison pour avoir chanté une « prière » contre le président Vladimir Poutine dans une cathédrale de Moscou, a été repoussé au 10 octobre.

Le procès en appel devait débuter à 7 h GMT lundi, mais a été reporté de 10 jours parce qu'une des membres du groupe, Ekaterina Samoutsevitch, a renvoyé son avocat.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été reconnues coupables le 17 août de « hooliganisme » et d'« incitation à la haine religieuse ». Leur avocate Violetta Volkova a fait appel devant le tribunal de Khamonivki à Moscou, mais les défenseurs des trois jeunes femmes jugent improbable leur remise en liberté.

« Nous n'avons pratiquement pas d'espoir que le jugement change. Le maximum sur lequel nous pouvons compter est une réduction de six mois de la peine », a confié Me Violetta Volkova.

Elle estime par ailleurs que « seule une relaxe » pouvait constituer un « jugement légitime » pour celles qui ont déjà passé près de six mois en prison.

Le 21 février, cinq membres des Pussy Riot en robes courtes, affublées de cagoules de couleurs vives, avaient dansé et chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, en criant notamment « Marie mère de Dieu, chasse Poutine! ». Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina ont été arrêtées peu de temps après.

Le procès a divisé la société en Russie et a terni l'image du pays à l'étranger, où le jugement a été qualifié de disproportionné. L'opposition russe, des militants des droits de la personne, mais aussi des personnalités comme Madonna, Björk ou Paul McCartney ont exprimé leur soutien aux Pussy Riot, dont deux membres recherchées par la police ont fui la Russie, selon le groupe.

Après leur condamnation, les jeunes femmes ont continué à recevoir des marques de soutien de l'étranger. La chef de file de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a appelé récemment à leur libération et la veuve de John Lennon, Yoko Ono, leur a décerné son prix pour la paix intitulé « LennonOno ».

À la mi-septembre, même le premier ministre russe Dimitri Medvedev s'est exprimé en faveur de la libération des trois jeunes femmes, disant que « la prolongation de leur incarcération » était « improductif » et qu'un « emprisonnement avec sursis lui semblait « entièrement suffisant ».

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