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01/10/2012 12:36 EDT | Actualisé 01/12/2012 05:12 EST

La tête de Gérald Tremblay réclamée par les partis d'opposition à Montréal (VIDÉO)

MONTRÉAL - L'hôtel de ville de Montréal a encore été secoué par des allégations de corruption, lundi, lorsque l'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito a affirmé à la Commission Charbonneau qu'une quote-part de 3 pour cent de la valeur des contrats qu'il obtenait devait être versée afin de financer le parti dirigé par le maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Or si l'hôtel de ville a tremblé, les membres du parti qui le dirige se sont montrés inébranlables: à l'instar du maire Tremblay, le directeur général d'Union Montréal (UM), Richard Mimeau, a assuré que le financement du parti est impeccable, allant jusqu'à mettre en doute la crédibilité de M. Zambito.

«Je ne sais pas s'il ment», a répondu M. Mimeau, à qui on venait de faire remarquer qu'il paraissait fort calme, malgré les allégations qui accablent son parti.

«Je suis à Union Montréal depuis 2008, je n'ai jamais rien vu d'anormal. De 2001 à aujourd'hui, il n'y a jamais rien eu», a-t-il ajouté, rejetant au passage la possibilité qu'il existe un système de «comptabilité parallèle» au sein du parti.

Lino Zambito, qui dirigeait autrefois l'entreprise Infrabec spécialisée dans les égouts, a expliqué devant la Commission que le «pizzo» de 2,5 pour cent que les entrepreneurs devaient payer au clan Rizzuto avait été haussé une première fois en 2005 pour financer le parti du maire de Montréal, puis une deuxième fois pour payer un ingénieur de la ville, Gilles Surprenant.

Ce mécanisme aurait été appliqué pour toutes les personnes qui décrochaient des contrats de la ville, au dire de M. Zambito.

Dans un bref point de presse, le maire Tremblay a défendu son intégrité, affirmant qu'il avait lui-même réclamé une enquête pour faire la lumière sur les allégations qui pesaient contre l'administration montréalaise. Il a demandé d'attendre la fin des travaux de la Commission avant de porter un jugement.

«Je ne veux pas me cacher, je ne veux pas vous donner l'impression que j'ai quoi que ce soit à me reprocher, j'ai la conscience en paix», a-t-il déclaré, non sans rappeler qu'il avait lui-même «souhaité» la tenue d'une commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

«Pour ce qui est du financement, le directeur général des élections vérifie nos états financiers tous les ans et il n'a jamais porté de plainte de quelque nature que ce soit», a-t-il ajouté.

M. Tremblay a également rappelé qu'il avait retardé la semaine dernière deux contrats de Construction Mivela, dont l'ancien propriétaire, Nicolo Milioto, est apparu sur des bandes vidéo filmées par la police au club Consenza de Montréal. Selon certains témoignages, M. Milioto aurait servi d'intermédiaire entre la mafia et les entrepreneurs en construction, et c'est ce qui expliquerait les images sur lesquelles il reçoit de nombreuses liasses d'argent.

«J'ai mis en place tous les moyens à ma disposition pour nous assurer d'avoir les meilleurs soumissionnaires au meilleur prix possible», a déclaré le maire.

Mais les partis d'opposition ne l'entendent pas de la même manière. La chef de Vision Montréal, Louise Harel, et celui de Projet Montréal, Richard Bergeron, réclament tous les deux la démission du maire Tremblay. Selon eux, «le temps de l'aveuglement volontaire est révolu» et le maire a perdu toute «crédibilité» et toute «légitimité» pour gouverner.

Une heure plus tard, dans les bureaux de son parti pour présenter Nino Colavecchio, le nouveau candidat d'Union Montréal à l'élection complémentaire de Rivière-des-Prairies du 11 novembre prochain, M. Tremblay a répété qu'il n'entendait pas démissionner.

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