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Paris présente un budget plombé par la morosité

28/09/2012 07:18 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a qualifié le projet de budget 2013 de son gouvernement vendredi de budget de « combat » et de « conquête ». Paris compte ramener à 3 % de son PIB son déficit public contre 4,5 % cette année.

Le projet de budget prévoit quelque 20 milliards d'euros de nouvelles mesures d'imposition pour les entreprises et particuliers, mais prévoit aussi de déterminer des économies de 10 milliards d'euros. En plus, la proposition comprend 4,4 milliards d'euros en taxes et impôts déjà votés et 2,5 milliards d'euros de moins pour l'assurance maladie.

De 89,9 % du PIB cette année, la dette publique française passera l'an prochain à 91,3 % du PIB avant de redescendre à 90,5 % en 2014 si les prévisions de croissance de Paris s'avèrent exactes. Le gouvernement français table sur une progression de son produit intérieur brut de 0,2 % cette année, de 0,8 % pour 2013, soit une estimation plus optimiste que le consensus des économistes, et de 2 % pour les années suivantes.

Au cours des derniers mois, les prévisions de croissance ont souvent été revues à la baisse en zone euro. Cette semaine, l'agence Standard & Poor's prévoyait une récession de 0,8 % pour les pays de la monnaie unique suivie d'une stagnation en 2013. Dans ce contexte de morosité économique, les gouvernements doivent s'attendre à des revenus plus faibles, donc à des efforts accrus pour rééquilibrer leurs finances.

Des choix dénoncés

L'opposition et des économistes ont critiqué des mesures du projet de budget, dont la hausse du fardeau fiscal des entreprises.

« Le gouvernement a compris qu'il fallait enrayer l'augmentation de la dette publique, mais la méthode utilisée n'est pas la bonne », croit l'économiste en chef du groupe financier Axa, Éric Chaney. Il précise que le fait d'imposer davantage le secteur des affaires « aboutira à une perte de compétitivité encore plus importante, donc à une diminution de la croissance à long terme ».

Le président UMP de la commission des finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, avance pour sa part que ce projet de budget engendrera un « choc fiscal » pour les entreprises et les ménages. « Il aurait fallu au contraire faire davantage d'économies », souligne-t-il.

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