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La Fédération des femmes du Québec réclame la démission de Rona Ambrose

27/09/2012 02:20 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

L'appui de la ministre de la Condition féminine, Rona Ambrose, à une motion qui touche aux droits du foetus provoque l'indignation des associations de femmes.

Ce vote controversé a enflammé les tribunes médiatiques et les médias sociaux jeudi, où certains ont félicité la ministre Ambrose tandis que d'autres lançaient des pétitions en ligne pour réclamer sa démission.

« Elle a de toute évidence refusé de défendre un droit fondamental des femmes, et à cet égard-là, elle n'est pas compétente pour assumer son rôle », a déclaré la présidente de la Fédération, Alexa Conradi.

Rona Ambrose, tout comme sept autres ministres du gouvernement Harper, a voté en faveur de la motion privée du député conservateur ontarien Stephen Woodworth, qui réclamait la création d'un comité chargé de déterminer à quel moment, aux yeux de la loi, un foetus peut être considéré comme un être humain.

Bien que la motion M-312 ait été rejetée mercredi par les députés de la Chambre à 203 voix contre 91, le fait que huit ministres du Cabinet Harper et deux secrétaires parlementaires l'aient défendue soulève plusieurs doutes sur les intentions réelles du gouvernement Harper en matière d'avortement.

« M. Harper ne peut pas dire d'un côté de la bouche qu'il est contre la réouverture de ce débat et de l'autre côté permettre à huit ministres et deux secrétaires parlementaires de voter pour... c'est incompatible », a déclaré le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair.

« Elle se définit comme une libertarienne. Donc il faut comprendre qu'elle est pour une intervention minimale de l'État et pour que l'individu prenne toute sa place. Une position assez individualiste. On peut aussi rappeler qu'elle [Rona Ambrose] s'est prononcée contre le financement public des garderies, donc oui, elle est ministre de la Condition féminine, mais dans un gouvernement conservateur », a expliqué à Radio-Canada la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne.

Stephen Woodworth ira de l'avant

Pour ce qui est du député Stephen Woodworth, qui est à l'origine de ce vote à la Chambre des communes, il a déclaré jeudi en point de presse qu'il entendait poursuivre ses démarches pour défendre les idéaux et les valeurs contenues dans sa motion.

Même s'il a répété jeudi qu'il n'avait aucune intention de rouvrir le débat sur l'avortement au Canada, le député de Kitchener-Centre a cependant admis que sa motion pourrait éventuellement rouvrir la question.

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