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Marcotte prête à relever de nouveaux défis

25/09/2012 12:46 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Stop ou encore? Je m'arrête ou je continue? Depuis la fin des Jeux olympiques, ce sont les questions qui meublaient la réflexion d'Élise Marcotte. À l'instar de cinq autres de ses coéquipières présentes à Londres, Marcotte a décidé d'accrocher son maillot après 18 ans dans la piscine.

Un texte de Manon Gilbert

Le visage de l'équipe canadienne de nage synchronisée changera donc passablement au cours des prochains mois.

Avec un retour à l'université à temps plein à compter du 1er octobre, il lui reste quatre cours pour compléter son baccalauréat en administration, et le début d'une maîtrise en marketing en janvier, la Québécoise n'avait que bien peu de temps à consacrer à un sport qui exige entre 40 et 50 heures d'entraînement par semaine.

« C'est le temps de passer à autre chose, je pense que c'est important dans la vie d'une athlète d'être capable de tourner la page, affirmait l'athlète de L'Ancienne-Lorette, lorsque rencontré la semaine dernière. C'est une décision que j'ai eu le temps de mûrir avec ma famille, mes amis, mes entraîneurs. Il faut aussi être certaine que tu as du soutien autour de toi et que tu as un plan B. »

Si Marcotte, qui a aussi participé aux Jeux de Pékin, a bien pris le temps de peser le pour et le contre, c'est parce que le point final s'avère aussi un point de non-retour. En nage synchronisée, il est plutôt mal vu de tasser une jeune coéquipière qui a gagné ses galons dans l'équipe nationale.

La nageuse, qui célèbrera ses 24 ans jeudi, assure que le départ de sa meilleure amie et partenaire de duo, Marie-Pier Boudreau-Gagnon, n'a influencé en rien son choix.

En mai dernier, Boudreau-Gagnon nous avait confié que l'horaire incompatible entre les cours de pharmacie, qui se donnent uniquement de jour, et les nombreuses heures dans la piscine l'empêchait d'entreprendre la carrière de ses rêves, d'où ses études en administration avec Marcotte. C'est maintenant chose faite depuis quelques semaines.

Pour Marcotte aussi, les aspirations professionnelles prennent le dessus. La dynamique brunette, qui se voyait aux Jeux olympiques dès sa 2e année, en patinage artistique par contre, s'imagine déjà très bien en femme d'affaires aguerrie. Et ce ne sont pas les projets qui manquent.

« J'aime tout ce qui est relié au marketing, marketing du sport, l'image de marque. J'aime aussi beaucoup les communications. Je veux rester associée au sport. J'aimerais beaucoup travailler dans les médias, parallèlement ou de façon connexe à un travail en marketing. J'ai commencé à faire des conférences. Je fais une maîtrise pour pouvoir être chargé de cours à l'université, il y a plusieurs branches qui m'intéressent. »

Fière de la 4e place

Marcotte part la tête en paix même si à Londres, les Canadiennes ont encore fini au pied du podium, 4es, comme à Pékin. Non, il n'y a pas eu de médaille, mais le sentiment du devoir accompli, notamment en raison de l'originalité des programmes, la comble tout autant.

« On a montré un programme qui sortait de l'ordinaire. Tout le monde s'en souvient, autant en duo qu'en équipe. Je pense que ça a fait jaser et que ça va faire évoluer le sport. On a nagé comme on devait nager. Tout ce qu'on pouvait contrôler, on l'a contrôlé. La décision des juges va rester la décision des juges. Mais notre performance, on pourra la regarder dans 20-25 ans et être encore fières de ce qu'on a fait et je pense que c'est ça qui est important », soutient la cocapitaine de l'équipe.

De ses sept années dans l'équipe nationale senior, c'est sa médaille de bronze en combiné aux Championnats du monde aquatiques de 2011 qui lui laisse le plus beau souvenir. Les Canadiennes avaient alors battu les Espagnoles, championnes en titre.

Bien sûr, mettre un terme à un sport que l'on pratique depuis si longtemps apporte son lot d'incertitudes et de craintes. Pas facile de tirer un trait sur un environnement, exigeant certes, mais ô combien enrichissant. Mais comme la plupart des athlètes, Marcotte se sent bien armée pour faire face à ses prochains défis.

« On a déjà un gros bagage pour faire un pas dans la vraie vie. On a vécu de belles expériences, on a voyagé à travers le monde, on a rencontré des gens exceptionnels. Je pense que ça nous amène vers un travail plus stimulant où on va pouvoir monter les marches plus vite. On sait qu'on a toute la détermination nécessaire et qu'on va être capable de se rendre où l'on veut. On est capable de surmonter les échecs. »

À voir la passion qui anime la double médaillée d'or des Jeux panaméricains de 2011, difficile de la contredire.

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