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Syrie : le compte rendu pessimiste de Lakhdar Brahimi

24/09/2012 08:52 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

« Impasse », « pas de progrès en vue », situation « grave et se détériore de jour en jour », « pénurie alimentaire ».

C'est par ces mots que l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a rendu compte de l'état de la situation en Syrie devant les 15 membres du Conseil de sécurité, lundi, trois semaines après sa nomination en remplacement de Kofi Annan.

M. Brahimi a également fait part de la version du régime syrien selon laquelle 5000 combattants étrangers se trouvent aux côtés des insurgés, et que « la guerre qui se déroule en Syrie » est un « complot de l'étranger », toujours selon les fidèles de Bachar Al-Assad.

En ce qui concerne les solutions, M. Brahimi a indiqué qu'il n'avait pas de « plan », mais seulement « quelques idées ».

Le diplomate algérien a rapporté que les prisonniers du régime subissaient « des formes médiévales de torture ». Plus d'un millier de prisonniers sont morts dans des centres du régime.

Pire encore, « la peur des agents [du régime] présents dans beaucoup d'hôpitaux dissuade les Syriens » de s'y faire soigner tandis que « la pénurie alimentaire menace à cause des mauvaises récoltes ».

M. Brahimi a indiqué qu'il y a 1,5 million de Syriens qui ont fui leur domicile.

Selon un bilan de l'opposition syrienne, le soulèvement, qui dure depuis plus de 18 mois, a fait 27 000 morts et plus de 250 000 Syriens se sont réfugiés en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak.

Par ailleurs, le diplomate s'est dit déçu de la désunion de l'opposition syrienne.

Devant le constat de M. Brahimi, les membres du Conseil de sécurité ont diffusé un communiqué dans lequel ils ont exprimé leur « inquiétude » et « offert » leur « total soutien » au diplomate, sans préciser la nature du soutien.

Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué que l'enlisement militaire en Syrie fait progresser le risque d'un éclatement du pays.

Lors d'une conférence de presse, M. Fabius a fait savoir qu'il n'était pas optimiste au sujet de la crise syrienne. Il s'est par ailleurs inquiété de la présence « d'éléments djihadistes » sur le terrain.

Des réfugiés syriens se révoltent

Un millier de réfugiés syriens ont manifesté lundi dans le camp Zaatari, dans le nord de la Jordanie. Les manifestants protestaient contre leurs conditions de vie dans le camp.

« Ils ont dit qu'ils voulaient rentrer dans leur pays. Ils ont détruit des bureaux de la société caritative jordanienne, mis le feu à une tente et attaqué un hôpital de campagne marocain », a indiqué déclaré Zayed Hammad, président de l'association caritative islamique Kitab wal Sunna, qui fournit de l'aide à des dizaines de milliers de réfugiés.

Selon lui, la police antiémeute « a tiré des gaz lacrymogènes pour mettre fin à la manifestation » dans le camp, qui héberge 30 000 réfugiés. Il ya eu des blessés qui ont été transportés à l'hôpital, selon la même source.

Ce n'est pas la première fois que les réfugiés syriens se révoltent en Jordanie. Le 28 août, plus de 20 membres de forces de sécurité jordaniennes avaient été blessés dans des heurts survenus dans le camp, où les réfugiés protestaient déjà contre leurs conditions de vie.

Le premier ministre Fayez Tarawneh avait averti que la Jordanie expulserait les réfugiés qui avaient attaqué les policiers.

La Jordanie accueille actuellement quelque 200 000 réfugiés syriens, dont plus de 85 000 se sont manifestés auprès du Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU.

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