Les Ballets Jazz de Montréal (BJM) célèbrent cette saison leurs 40 ans d'existence. Pour l'occasion, l'institution, fondée en 1972 par les danseurs Geneviève Salbaing, Eva Von Gencsy et Eddie Toussaint, propose à son public un programme-anniversaire qui s'étalera jusqu'en 2013, et qui comprendra notamment le lancement d'un livre, la mise sur pied d'une exposition multimédia et la diffusion de films d'archives. Et les festivités débutent dès ce jeudi, 27 septembre, avec la présentation de trois créations inédites le même soir, pendant trois jours consécutifs, du 27 au 29 septembre, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

« Nous sommes ravis de lancer les célébrations du 40e à Montréal, a déclaré Louis Robitaille, qui assume depuis 15 ans les responsabilités de directeur artistique de l'organisation. Habituellement, on rode les spectacles en tournée avant d'arriver ici. Montréal est pour nous une ville importante, et même stressante. C'est probablement, pour moi, la ville la plus stressante au monde. Mais je suis content, et j'espère que tout le travail qu'on a investi sera bien reçu par le public. On veut faire rêver les gens et les faire voyager à travers différentes émotions et ce, sans aucune prétention. »

C'est donc la série Danse Danse qui ouvrira le bal avec, en grande première, Fuel, une œuvre du chorégraphe espagnol Cayetano Soto, mise en musique par Julia Wolfe. Un ballet qui risque de déranger par son atmosphère urbaine, lourde et tendue. « C'est une pièce assez tranchante, ou fracassante, qui souligne toutes les habiletés physiques des artistes. Ce n'est pas tranquille du tout », a dévoilé en substance Louis Robitaille.

Les spectateurs auront ensuite la chance d'applaudir Benjamin Millepied, artisan des chorégraphies du long-métrage Black Swan et conjoint de l'actrice Natalie Portman, dans un duo intitulé Closer. Cet univers « zen, pur, élégant et raffiné », aux dires du directeur artistique, sera porté par les airs du compositeur Philip Glass. « C'est une pièce sans artifices, tout en nuances. Un ballet classique contemporain comme on en voit de moins en moins. » Avec Closer, Benjamin Millepied transportera pour la première fois son savoir-faire au Canada.

Cette trilogie bien particulière se conclura sur le thème du conflit sous toutes ses formes, exploité sous la signature du chorégraphe israélo-américain Barak Marshall. Avec une trame sonore amalgamant jazz, folklore israélien et autres musiques traditionnelles, Harry réunira sur scène 13 danseurs-interprètes, qui « s'exprimeront » de diverses façons. « Barak Marshall a su illustrer une dimension très humaine, très viscérale, a précisé Louis Robitaille. Mais il y a aussi un certain cynisme ou détachement face au thème, qui est traité avec distance. Ça n'a rien de pédagogique. »

Les billets pour les trois représentations sont en vente à la billetterie de la Place des Arts (www.laplacedesarts.com ou (514) 842-2112).

Engouement réel

Avec plus d'une soixantaine de représentations annuelles à travers le monde, les Ballets Jazz de Montréal ne souffrent d'aucun ralentissement dans leurs activités professionnelles. Parallèlement aux réjouissances du 40e anniversaire, on s'affaire déjà à préparer la saison 2013-2014, qui devrait mener la troupe aussi loin qu'au Moyen-Orient, en Asie et en Australie. D'ici là, l'ensemble se produira en Europe et aux États-Unis. Le Joyce Theater de New York, entre autres, l'accueillera à la fin du mois d'octobre. Un itinéraire enviable, qui laisse croire à Louis Robitaille que l'art de la danse réussit toujours à rejoindre de nouveaux adeptes.

« C'est peut-être une discipline qui est considérée un peu plus fermée, hermétique ou parfois élitiste, mais je crois que les gens sont ouverts à la danse, a-t-il mentionné. BJM a, depuis toujours, la belle qualité de toucher un grand nombre d'individus, de tous les âges, qu'ils soient connaisseurs ou amateurs. »

« Et la danse est hyper populaire, en ce moment, a poursuivi l'homme. On vit une période d'engouement. C'est certain que les gens n'ont pas toujours le réflexe d'aller voir de la danse comme ils vont au cinéma ou voir un gros spectacle populaire mais, à la base, ça n'a rien de très compliqué. Et BJM est une belle vitrine pour les créateurs et pour la danse en elle-même. »

Pour en savoir plus sur les différents faits d'armes des Ballets Jazz de Montréal, on consulte le www.bjmdanse.ca.