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Les TCA plus près d'une entente avec Chrysler que GM

20/09/2012 07:55 EDT | Actualisé 20/11/2012 05:12 EST

Revirement de situation dans les négociations contractuelles entre le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et Chrysler : le constructeur « semble plus intéressé maintenant » à conclure une entente, selon les TCA.

Auparavant, le syndicat affirmait que les pourparlers étaient plus difficiles avec Chrysler qu'avec General Motors.

Les TCA et Ford ont conclu, lundi dernier, une entente de principe pour le renouvellement des conventions collectives. Le syndicat tente depuis de convaincre les deux autres grands américains de l'auto d'accepter cet accord de principe.

Jeudi matin, une porte-parole des TCA, Shannon Devine, a pourtant déclaré que les discussions allaient « lentement » avec Chrysler.

Mme Devine avait ajouté que le syndicat espérait conclure une entente « bientôt, peut-être d'ici quelques jours » avec GM. Une journée plus tôt, Dino Chiodo, président de la section locale des TCA à Windsor et président du comité syndical de négociation avec Chrysler, avait laissé entendre que le syndicat et GM pourraient s'entendre dès jeudi. Il avait, toutefois, fait référence à des « questions locales » qui ralentissaient les pourparlers.

Le syndicat a annulé une grève prévue pour minuit, dans la nuit de lundi à mardi, afin de donner aux négociateurs de Chrysler et de GM plus de temps pour examiner l'entente de quatre ans conclue quelques heures plus tôt avec Ford.

Cependant, M. Lewenza a prévenu qu'une grève était possible et qu'il donnerait un préavis de 24 heures s'il jugeait que Chrysler et GM n'avancent pas dans les négociations.

Entente avec Ford

L'entente de principe de quatre ans conclue entre Ford et les TCA a permis d'éviter le débrayage des 4500 employés du constructeur américain au pays.

Pour satisfaire les deux parties, le contrat, valide jusqu'en septembre 2016, ne prévoit aucune augmentation de salaire, mais plutôt un montant forfaitaire de 2000 $ par année pour les deuxième, troisième et quatrième années de la convention afin de compenser la hausse du coût de la vie, ainsi qu'une prime de ratification de 3000 $.

L'entente prévoit que 800 employés mis à pied de Ford pourront retourner au travail, en partie grâce à la création par l'entreprise de 600 nouveaux postes au Canada.

Les TCA avaient menacé de déclencher une grève simultanée dans les usines canadiennes de Ford, de Chrysler et de General Motors si aucune entente de principe n'était conclue lundi à minuit.

De son côté, le constructeur Chrysler a critiqué la décision du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile d'avoir choisi son concurrent Ford pour la négociation d'une entente-cadre.

Le syndicat a expliqué qu'il avait choisi Ford parce qu'il s'agit de la compagnie avec laquelle il avait fait le plus de progrès depuis le début des négociations, en août dernier. Ford avait aussi été la compagnie ciblée par les TCA en 2005 et en 2008 pour la négociation d'une entente-cadre.

Dans un communiqué publié lundi dernier, Chrysler a toutefois fait savoir qu'elle était « très inquiète » de la décision du syndicat.

Chrysler ajoute que son objectif est d'en arriver à une entente contractuelle qui assure une « sécurité à long terme au Canada ». Autrement dit, Chrysler, qui envisage d'autres investissements en Ontario, veut éviter de se retrouver les mains liées par un contrat de travail négocié auprès d'un concurrent qui aurait moins en jeu au pays.

Ford a fermé son usine à St. Thomas l'an dernier et elle ne produit plus de minifourgonnettes à Oakville.

Impact local

L'incertitude causée par la menace d'un débrayage dans l'industrie automobile en Ontario a déjà provoqué un ralentissement économique à Brampton, où Chrysler a une usine.

Le restaurateur Sam Russo raconte que même ses clients habituels ne sont plus au rendez-vous. Il ajoute que plusieurs commerçants ont remarqué que les travailleurs de l'auto avaient déjà réduit leurs dépenses la semaine dernière.

Selon l'économiste indépendant Donald Rumball, les entrepreneurs doivent s'attendre à des mois difficiles si des ententes ne sont pas conclues rapidement pour le renouvellement des conventions collectives.

« La paie que le syndicat donne aux grévistes, dit-il, c'est pas la même chose que le salaire, c'est très inquiétant si on peut considérer la possibilité d'une grève de quelques mois. »

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