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L'insurrection syrienne s'empare d'un autre poste frontalier avec la Turquie

19/09/2012 07:44 EDT | Actualisé 19/11/2012 05:12 EST

Les rebelles syriens ont pris le contrôle d'un poste frontalier avec la Turquie, mercredi, un gain stratégique qui pourrait leur permettre d'assurer leur ravitaillement alors qu'ils se battent pour chasser le président Bachar Al-Assad du pouvoir.

L'insurrection s'est récemment emparée de plusieurs autres points de passage avec la Turquie et d'un avec l'Irak, mais c'est la première fois qu'elle réussit cet exploit dans la province de Raqqa, au nord de la Syrie. Cela pourrait l'aider dans sa lutte pour conquérir Alep, la ville la plus importante du pays, située à environ 160 km du poste capturé mercredi.

Pendant ce temps à Damas, M. Assad a déclaré au ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, que le soulèvement contre son gouvernement visait « l'ensemble de la résistance et pas seulement la Syrie », faisant apparemment référence aux pays et aux organisations qui s'opposent à l'existence d'Israël.

En plus de la Syrie et du Liban, « l'axe de résistance » contre l'État hébreu comprend aussi le parti chiite libanais Hezbollah et le parti palestinien Hamas.

M. Salehi est arrivé à Damas après une visite au Caire dans le cadre d'une initiative égyptienne ayant pour but de ramener la paix en Syrie qui regroupe la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Égypte, qui sont en faveur de l'insurrection syrienne, et l'Iran.

Le président égyptien, Mohammed Morsi, a prévenu Téhéran mardi que son soutien au régime syrien nuisait à ses chances d'entretenir de meilleures relations avec Le Caire. La promesse d'un rapprochement avec l'Égypte compte parmi les mesures adoptées par M. Morsi pour détourner l'Iran, l'alliée la plus loyale d'Assad dans la région, de la Syrie et de mettre fin au bain de sang.

Selon l'agence de presse syrienne SANA, le ministre iranien des Affaires étrangères est sorti de sa rencontre avec Bachar Al-Assad en réitérant « l'appui indéfectible » de son pays à la Syrie dans le but de stopper la guerre civile.

Même si les 18 mois de combats ont entraîné la mise en place de sanctions internationales et isolé le gouvernement Assad, le régime est toujours soutenu par la Russie, l'Iran et la Chine.

Toujours d'après SANA, le président syrien a pour sa part affirmé que seule une initiative visant vraiment à aider la Syrie pourra réussir à résoudre le conflit, qui aurait fait au moins 23 000 morts selon des militants.

À Washington, l'administration Obama a identifié mercredi 117 avions iraniens qu'elle accuse d'avoir transporté des armes destinées aux troupes gouvernementales syriennes. Le département du Trésor américain a indiqué que les appareils exploités par Iran Air, Mahan Air et Yas Air livraient de l'armement sous le couvert d'envois d'aide humanitaire.

L'objectif des États-Unis est de faire pression sur l'Irak pour que celle-ci mette un terme aux livraisons d'armes de l'Iran à la Syrie qui transitent par son espace aérien. Plus tôt en septembre, Bagdad avait toutefois déclaré que Téhéran lui avait assuré qu'elle ne fournissait que de l'aide humanitaire et mis Washington au défi de lui prouver le contraire.

Par ailleurs, plusieurs civils ont été blessés mercredi à la suite de l'explosion de deux bombes dans une banlieue de Damas, a révélé SANA. La première déflagration s'est produite près d'une école secondaire à Qudsayya et la seconde, environ 200 m plus loin. Selon l'agence de presse, aucun élève n'a été blessé.


Associated Press

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