CHARLIE HEBDO - Une plainte a été déposée au parquet de Paris au nom d'une association contre Charlie Hebdo pour "provocation à la haine" après la publication mercredi 19 septembre par l'hebdomadaire de caricatures du prophète Mahomet, a-t-on appris de source judiciaire.

De qui provient cette plainte? Selon un document que l'AFP a pu consulter, elle a été déposée dans la journée au nom d'une organisation s'appelant l'Association syrienne pour la liberté, domiciliée dans le XXe arrondissement de Paris. Cette association estime que Charlie Hebdo "a décidé de jeter de l'huile sur le feu en diffusant une caricature contre le prophète Mohammed", selon le texte de cette plainte. Les plaignants accusent l'hebdomadaire de "provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence nationale, raciale ou religieuse" ou encore de "diffamation publique raciale, religieuse".

Selon Le Figaro, l'Association syrienne pour la liberté, se présente comme "une ONG d'aide humanitaire au peuple syrien". L'association a été déclarée en février 2012 au journal officiel et a déjà porté plainte en mars à Paris pour crimes de guerre contre l'ancien ministre syrien de la Défense, Moustapha Tlass, qui a soutenu le régime d'Hafez el-Assad, le père de Bachar.

La plainte contre Charlie Hebdo a bien été reçue par le parquet, qui devra décider d'éventuelles suites judiciaires, a-t-on précisé de source judiciaire. Contacté par l'AFP, l'avocat de Charlie Hebdo, Me Richard Malka, a jugé que cette plainte semblait "plus fantaisiste" que les dessins de l'hebdomadaire satirique.

"On est dans le n'importe quoi. (...) A mon avis, il va y avoir un sérieux problème de recevabilité", a déclaré Me Malka. "Quelque chose me dit que je ne plaiderais jamais ce dossier", a-t-il poursuivi.

Le parquet a en revanche d'ores et déjà ouvert une enquête sur le piratage dont a été la cible le site internet de Charlie Hebdo, a-t-on précisé. Cette enquête, confiée à la Brigade d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information (Befti), a été ouverte après une plainte de l'hebdomadaire pour intrusion dans un système automatisé de données.