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Denis Coderre à la mairie de Montréal : une candidature qui dérange

17/09/2012 09:39 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Tandis que le député libéral Denis Coderre ne cache pas son intérêt pour la mairie de Montréal, son éventuelle candidature ne fait pas l'unanimité parmi les élus municipaux. Certains jugent que l'ex-ministre fédéral n'a pas l'expérience pour devenir maire, alors que d'autres le perçoivent comme un opportuniste pour qui la mairie est un second choix.

Déjà, chez certains élus, sa candidature est accueillie froidement. Marvin Rotrand, conseiller d'Union Montréal pour le district de Snowdon, croit que seuls cinq ou six des quelque 60 élus appuient le député de Bourassa.

« Actuellement, il n'y a aucun mouvement ou vague pour Denis Coderre au conseil municipal », soutient-il, ajoutant que le député n'a pas l'expérience nécessaire en affaires municipales pour devenir maire.

Gérald Tremblay est d'ailleurs toujours maire, rappelle le doyen du conseil municipal. « Gérald Tremblay a remis Montréal sur les rails après dix ans de règne désastreux de Pierre Bourque. S'il veut rester, il aurait un grand appui dans le caucus », soutient-il.

Luis Miranda, maire de l'arrondissement d'Anjou, abonde dans le même sens. « Denis n'a aucune expérience au niveau municipal. Je ne crois pas qu'il serait capable de confectionner demain matin un budget municipal, [...] les fonctionnaires le feraient pour lui », affirme-t-il, ajoutant qu'il faut « comprendre » le municipal pour prétendre diriger une Ville de la taille de Montréal.

Selon M. Miranda, élu sous la bannière d'Union Montréal, le député de Bourassa serait un opportuniste, une personne qui « n'est pas 100 % intéressée au municipal ».

Le maire de l'arrondissement d'Anjou croit d'ailleurs que ses appuis sont limités. « À ma connaissance, il y a trois ou quatre [conseillers d'Union Montréal] qui ont déjà dit oui à Coderre. Mais encore là, comme dernier recours, toujours comme dernier recours », dit-il.

Denis Coderre, un candidat pourtant populaire

Denis Coderre reste cependant, pour l'instant, le premier choix de la population. Selon ce qu'a appris Radio-Canada, un sondage commandé par des gens d'affaires en mai dernier le place loin devant ses éventuels adversaires avec environ 40 % des intentions de vote.

Cette avance aurait par ailleurs poussé d'autres candidats potentiels, comme les anciens ministres Raymond Bachand et Michael Fortier, à ne pas se lancer dans la course à la mairie.

Dans le monde des affaires, sans susciter de grand enthousiasme, la candidature de M. Coderre semble en rallier plusieurs. Bien que certains soutiennent que son manque d'expérience en gestion pourrait poser problème devant l'ampleur de la bureaucratie montréalaise, d'autres estiment qu'il peut incarner le changement et être rassembleur.

D'autres candidats potentiels?

Peu de gens au sein d'Union Montréal, le parti du maire Gérald Tremblay, envisagent la possibilité que ce dernier brigue un quatrième mandat. Plusieurs sources rappellent qu'au déclenchement de la prochaine élection en novembre 2013, l'actuel maire de Montréal aura déjà 71 ans.

Il reste à savoir si le maire annoncera son départ prochainement. S'il démissionne plus d'un an avant la prochaine élection, il y aurait une élection partielle pour le remplacer. S'il démissionne moins d'un an avant la prochaine élection, il pourrait désigner un remplaçant.

Au sein de l'équipe du maire, deux noms sont avancés, dont celui de l'actuel président du comité exécutif, Micheal Applebaum. Mais plusieurs doutent qu'un anglophone dont le français reste limité puisse être élu maire de Montréal.

Certains, comme Luis Miranda, font circuler le nom de John Parisella. Ancien conseiller de Robert Bourassa et ex-délégué du Québec à New York, John Parisella aurait « la capacité de rapprocher les souverainistes et les fédéralistes », selon Luis Miranda.

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