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Commission Charbonneau : l'identité des témoins maintenue secrète

14/09/2012 05:26 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

La Commission Charbonneau reprend ses travaux lundi prochain avec l'audition de témoins experts en matière de crime organisé.

Pour des raisons de sécurité, l'identité des témoins dans le cadre de la Commission Charbonneau est maintenue secrète.

Les avocats des participants dénoncent la décision des procureurs, qui leur refusent également l'accès au résumé des déclarations des témoins. Ils avancent que cela ne leur permet pas de se préparer adéquatement.

Invité à prononcer une conférence vendredi à Gatineau à l'occasion d'une conférence donnée au congrès annuel de l'Association de la construction du Québec, le procureur Sylvain Lussier a rappelé les règles établies pour protéger ceux qui ont peur de témoigner et se sentent en danger.

« C'est un message important parce que cela fait partie des incitatifs pour que les gens puissent venir devant la commission, puissent venir nous parler. »

« Nous avons déjà commencé à recevoir des demandes de cette nature », a indiqué Me Lussier en refusant d'en préciser le nombre.

Même si les audiences ont débuté le 22 mai dernier et que sept témoins ont déjà été entendus, les enquêteurs sont toujours à la recherche de nouvelles informations en multipliant les rencontres avec les hommes d'affaires, les entrepreneurs et les syndicalistes.

L'ex-agent du FBI, Joe Pistone, qui a infiltré la mafia new-yorkaise, sera appelé à livrer son témoignage en public.

Même s'il a donné de nombreuses entrevues dans le passé, sa sécurité est toujours une préoccupation. Il demandera que son image ne soit pas diffusée.

Par ailleurs, le procureur en chef de la Commission Charbonneau a promis du « croustillant » pour la suite des audiences en précisant que personne n'échappera à l'examen méticuleux de la commission.

Il a rappelé que le mandat de la commission est aussi de protéger les témoins.

Les travaux ne doivent pas non plus nuire aux enquêtes policières en cours, a spécifié Me Lussier.

« Nous allons nous intéresser à tout phénomène par lequel du financement légal ou illégal de politiciens provinciaux ou municipaux sont reliés à l'octroi de contrats de construction ».

Parmi ceux qui sont visés, il y a évidemment les entreprises de construction et les firmes de génie-conseil.

Avec Isabelle Richer

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