POLITIQUE

Le PQ devra trouver 800 millions $ pour respecter les cibles budgétaires

13/09/2012 04:07 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST
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QUÉBEC - Le nouveau gouvernement péquiste devra exercer une ponction de 800 millions $ s'il veut respecter la feuille de route vers l'équilibre budgétaire tracée par les libéraux de Jean Charest.

Avant de troquer sa limousine pour un simple siège sur les banquettes de l'opposition à l'Assemblée nationale, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a dressé jeudi un dernier bilan de l'état des finances publiques.

Évalué à 3,3 milliards $ dans le budget 2011-2012, le déficit sera moins élevé que prévu et passera sous la barre des 3 milliards $, a indiqué M. Bachand, en conférence de presse.

Cette performance est en partie attribuable au contrôle de la croissance des dépenses de programmes. Celle-ci a été contenue à 2,3 pour cent en 2011-2012.

«Quand un peuple contrôle ses finances publiques, il est maître de son destin. Le fait que le Québec ait réussi à contrôler ses finances publiques pendant l'une des pires périodes de turbulence économique depuis plusieurs décennies, ça garde la confiance des marchés financiers», s'est félicité M. Bachand, qui poursuit sa réflexion sur la possibilité de se porter candidat à la succession de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ).

Les documents budgétaires visent le retour à l'équilibre budgétaire en 2013-2014, avec un dernier exercice financier déficitaire de 1,5 milliard $ en 2012-2013.

Mais pour respecter ces cibles, le futur ministre des Finances du gouvernement de Pauline Marois devra gratter les fonds de tiroir des ministères pour dégager des économies supplémentaires de 800 millions $, selon M. Bachand.

Le phénomène n'est pas nouveau. Année après année, des ministères connaissent des «dépassements» qui doivent être contenus afin de respecter les prévisions, a-t-il souligné.

«En cours d'année, il y a des ministères qui ont des dépassements. C'est le même défi cette année, la même ronde de ramener les dépenses dans les enveloppes prévues», a expliqué M. Bachand.

Malgré le ralentissement observé ailleurs dans le monde, l'économie québécoise a néanmoins progressé en 2012. Les investissements privés sont en hausse dans les secteurs manufacturier, minier et de la construction, a relaté le ministre.

Les données du ministère soulignent aussi que les exportations ont augmenté de 5,6 pour cent au cours des six premiers mois de l'année et les investissements non résidentiels des entreprises ont bondi de 8,3 pour cent au premier trimestre de 2012.

Quant à la croissance économique, elle devrait atteindre le rythme annuel de 1,5 pour cent, selon les plus récentes prévisions des économistes.

De l'avis de M. Bachand, le nouveau gouvernement du Parti québécois (PQ) héritera de finances publiques sous contrôle et d'une économie en relative bonne santé. Le PQ, a-t-il estimé, doit saisir l'occasion et maintenir le cap sur le retour à l'équilibre budgétaire dans l'échéancier prévu.