POLITIQUE

Le MQF demande au gouvernement Marois de renforcer la Loi 101 rapidement

12/09/2012 12:53 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST
CP

MONTRÉAL - Le Mouvement Québec français a appelé le gouvernement Marois à agir rapidement pour renforcer la Loi 101, mercredi lors d'un point de presse à Montréal.

Le président de l'organisme, Mario Beaulieu, estime que la loi a subi trop de modifications qui l'ont affaiblie, ce qui a permis une intensification de l'anglicisation de l'environnement québécois qui s'étend désormais en dehors de l'île de Montréal, a-t-il soutenu.

«Nous sommes ici pour démontrer l'urgence d'agir, a lancé M. Beaulieu. Le nouveau gouvernement a dit qu'il a l'intention de procéder d'ici 100 jours. Parfait. C'est important. C'est une autre démonstration de plus comme quoi c'est très important d'agir rapidement, dans les 100 prochains jours.»

M. Beaulieu s'est toutefois défendu de vouloir porter atteinte aux droits de la minorité.

«On n'a rien contre l'anglais. Tout ce qu'on veut c'est d'assurer l'avenir du français. (...) La Loi 101 en général est beaucoup plus généreuse envers la minorité historique anglophone que ce qui se fait ailleurs au Canada», a-t-il déclaré.

Pour appuyer ses dires, il a présenté en compagnie de la présidente du Mouvement Montérégie français, Luce Cloutier, quelque 1000 plaintes visant d'apparentes infractions à la Loi 101 en Montérégie.

Toutes les plaintes qui ont été montrées aux journalistes, photos à l'appui, visaient cependant des raisons sociales ou des églises anglophones.

Or, dans le cas des organismes religieux, ceux-ci ont toujours bénéficié d'une exemption, comme c'est le cas, par exemple, pour les affiches identifiant l'emplacement d'une «United Church» ou toute autre dénomination d'une église fréquentée par des fidèles anglophones.

M. Beaulieu s'est quand même aventuré sur ce terrain glissant. «Je ne vois pas pourquoi les églises ne respecteraient pas la Loi 101. Il peut y avoir de l'anglais mais il doit y avoir du français aussi», a-t-il dit.

Quant aux plaintes touchant des raisons sociales, les photos montraient non seulement les habituels Canadian Tire et autres Pizza Hut, mais aussi plusieurs IGA, Bentley et autres Reitmans, qui ne sont pas des mots anglais mais bien des noms propres ou des initiales sans signification particulière.

Luce Cloutier estime toutefois que toutes ces entreprises sont en porte-à-faux par rapport à la Loi 101.

«La Loi 101 dit qu'il doit y avoir un générique en français», a souligné Mme Cloutier, invoquant le cas de la chaîne Second Cup, qui s'affiche au Québec sous le nom «Les cafés Second Cup». Elle a ajouté que certaines formulations anglaises de raisons sociales pouvaient même être traduites.

«Kia Motors, c'est pas plus dur d'écrire Kia Moteurs», a-t-elle laissé tomber en montrant la photo d'un concessionnaire de cette marque de véhicules.

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