CITE DU VATICAN, Italie - Le Vatican s'est adjoint les services d'un expert suisse, spécialiste de la lutte contre le blanchiment de capitaux, qui doit l'aider à mettre en oeuvre les recommandations du comité Moneyval.

Le Saint-Siège a annoncé mardi avoir engagé René Brülhart, 40 ans, qui avait dirigé pendant huit ans la Financial intelligence unit (FIU) du Liechtenstein, l'agence nationale chargée d'analyser les informations sur les transactions financières suspectes.

Il sera chargé d'aider le Vatican à renforcer son système de régulation financière pour mettre en oeuvre les recommandations de Moneyval, le comité d'experts du Conseil de l'Europe chargé d'évaluer les mesures de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Moneyval avait rendu en juillet dernier son premier rapport d'évaluation sur le Saint-Siège qui mesurait la mise en oeuvre des recommandations du Groupe d'action financière (GAFI). Tout en reconnaissant que le Vatican avait beaucoup progressé en peu de temps, il distribuait encore de mauvaises notes.

René Brülhart sera chargé d'aider à la mise en oeuvre des recommandations des inspecteurs de Moneyval visant l'Institut pour les oeuvres de religion, la banque du Saint-Siège, et son Autorité d'information financière, créée en 2010 pour répondre à la pression internationale pour une plus grande transparence. Les inspecteurs notaient ainsi que le rôle, l'indépendance et l'autorité de cette nouvelle instance n'étaient pas clairs. Ils estimaient aussi que certaines règles de l'IOR, concernant notamment le signalement des transactions douteuses, étaient insuffisantes.

L'Institut pour les oeuvres de religion n'est pas une banque traditionnelle à proprement parler mais plutôt une institution financière privée créée en 1942 pour gérer les avoirs pontificaux destinés aux oeuvres caritatives et religieuses. Elle possède aujourd'hui un capital d'environ six milliards d'euros, qu'elle investit essentiellement en obligations et en bourse. Ses 35 000 comptes appartiennent essentiellement à des employés du Vatican et des ordres religieux.

La «banque du Vatican» a longtemps fait l'objet de rumeurs et de scandales, en partie en raison de son implication il y a 20 ans dans l'une des plus spectaculaires faillites bancaires en Italie. Elle a longtemps été soupçonnée, malgré les démentis du Saint-Siège, de ne pas respecter les normes anti-blanchiment.

Le Vatican s'est soumis à l'évaluation du comité Moneyval pour tenter d'effacer cette réputation sulfureuse de l'IOR et trouver sa place sur la «liste blanche» des États adeptes de la transparence financière.