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Un peu de nous autres là-dedans!

11/09/2012 03:45 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

La victoire d'Andy Murray aux Internationaux des États-Unis, lundi soir, a pris un sens tout particulier pour un Québécois. Tapi dans son domicile de Londres, il tentait tant bien que mal, décalage horaire oblige, de suivre la finale au petit matin.

Un texte de Jean-Patrick Balleux

En entrevue à Radio-Canada Sports, Louis Cayer était fou de joie que « son » Andy remporte enfin un titre du grand chelem après quatre tentatives.

Après avoir aidé le Canada à décrocher la médaille d'or olympique en double aux Jeux de Sydney, l'entraîneur québécois est devenu très recherché partout sur la planète. La fédération britannique de tennis l'a convaincu de faire le grand saut. Depuis 2007, il dirige la destinée de l'équipe anglaise en Coupe Davis, tout particulièrement celle du double dont fait souvent partie Andy et son frère Jamie.

« Andy, on l'aime et on ne l'aime pas », lance Cayer en référence aux Britanniques très à cheval sur les règles du jeu et quelque peu dérangés par les lancers de raquettes d'Andy sur le terrain.

« Mais après sa défaite à Wimbledon, où il a pleuré et a montré un côté plus humain, les gens ont commencé à l'aimer. Et avec sa victoire aux Olympiques et aux Internationaux des États-Unis, il a gagné le coeur de bien des amateurs. Quand il gagne, il est Britannique, quand il perd, il est Écossais! »

Cette affection fragile, dans une relation amour-haine avec ses partisans, aurait pu s'envoler en fumée à mi-parcours vers le titre à Flushing Meadows.

Après avoir remporté les deux premières manches au bris d'égalité, Murray a perdu les deux manches suivantes. « C'est normal! C'est comme dans une série de hockey où tu gagnes les deux premières parties avant de perdre la troisième, explique Cayer. Quand tu commences à penser à la victoire avant d'y arriver, ton rival en profite. Tu ne peux pas être sur l'adrénaline pendant cinq heures de suite. »

L'effet Lendl

Le plan de match de son nouvel entraîneur depuis le début de la saison, Ivan Lendl, l'ancien champion « tchéco-américain », aura payé. Rien d'autre!

« Les gens pensent que c'est la mère d'Andy qui prend toutes les décisions, mais ce n'est pas vrai. Andy est ouvert aux propositions, mais c'est lui qui a le choix final. Le fait que Lendl n'ait pas gagné de tournoi du grand chelem à ses quatre premières présences, avant de réussir la cinquième fois, l'a séduit », dit Cayer.

Ce dernier parle de Murray comme d'un homme très sympathique, qui aime taquiner et qui est ouvert aux idées des autres, contrairement à la croyance populaire.

« Mais il pose énormément de questions! Si tu réponds bien, il achète [ton idée] parce qu'il se fait souvent l'avocat du diable ou tente de trouver l'exception », ajoute le Québécois.

Prochain objectif pour Murray, qui vient de détrôner Rafael Nadal au 3e rang mondial? La tête du classement.

Reste à voir comment Novak Djokovic (2e) et Roger Federer (1er) réagiront à cette nouvelle montée au filet. Mais une chose est sûre : Andy Murray est maintenant débarrassé de tous ses complexes.

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