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Retour vers le futur?

11/09/2012 11:49 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

À quelques heures du déclenchement d'un lock-out, rien n'indique qu'un rapprochement soit possible entre les propriétaires de la Ligue nationale de hockey et l'Association des joueurs.

Si vous éprouvez une impression de déjà vu, sachez que vous n'avez pas tort. Déjà en 2004, la date choisie par Gary Bettman pour mettre la clé dans la porte était la même, soit le 15 septembre.Et ce n'est pas là l'unique similitude entre ce qui s'est passé il y a 8 ans et ce à quoi l'on assiste aujourd'hui.

La négociation de 2004 qui a finalement conduit à l'annulation de la saison 2004-2005, une première dans l'histoire du sport professionnel américain, était affaire de principes. Bettman voulait implanter un plafond salarial là où son prédécesseur, John Ziegler, avait échoué.

À l'époque, le commissaire répétait à qui voulait l'entendre que les équipes du circuit consacraient 76 % de leurs revenus bruts aux salaires des joueurs. Les pertes cumulées des 30 équipes avaient atteint 273 millions de dollars américains pour la saison 2002-2003.

Campés derrière Bob Goodenow, les joueurs avaient juré qu'on ne leur imposerait jamais un plafond salarial. C'est pourquoi leur association (AJLNH) a rejeté, une à une, les six formules proposées par la ligue. De son côté, la LNH avait balayé du revers de la main la notion de partage des revenus et d'une « taxe de luxe » imposée aux équipes les mieux nanties.

Cul-de-sac

Chacune des deux parties demeurant campée sur ses positions, le temps passait sans une lueur de solution à l'impasse. L'automne passa.

Plusieurs joueurs avaient déjà trouvé une niche dans différentes ligues européennes. C'est en Suisse et en Allemagne autant qu'en Scandinavie ou en République tchèque que l'on pouvait applaudir les Martin St-Louis, Vincent Lecavalier, Joe Thornton ou Jaromir Jagr.

Vînt Noël et les amateurs de hockey d'ici n'avaient rien sous le sapin pour oublier qu'ils étaient privés de leur passion. Sous peu, c'est la saison entière qui serait menacée. Même le projet d'une demi-saison et d'un calendrier écourté de 48 rencontres ne tiendrait bientôt plus la route.

En janvier 2005, Bettman a tranché. Sans une entente dûment signée le 14 février, la saison 2004-2005 serait annulée.

Avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête, les joueurs s'étaient dits prêts à accepter un plafond salarial de 52 millions de dollars par équipe, à la condition qu'il ne soit pas lié aux revenus de la ligue. Bettman a répondu avec une offre finale d'un plafond à 42,5 millions de dollars qui fut froidement rejetée.

C'est finalement le 15 février à 11 heures que fut prononcée la sentence de mort de la saison 2004-2005.

Ce n'est qu'en juillet qu'un accord interviendra finalement, mettant fin à 310 jours de conflit. Au bout du compte, les propriétaires, Bettman en tête, ont eu gain de cause.

Le nouveau contrat de travail, d'une durée de six ans (il sera reconduit pour un an en 2010), comportait un plafond salarial de 39 millions de dollars et un plancher à 21,5 millions de dollars, lesquels seraient indexés chaque année selon les revenus de la ligue. Les joueurs toucheraient 54 % de ces revenus en plus de bénéficier de contrats garantis.

Nouveau coup de force?

Sept ans plus tard, c'est notamment sur ce point que Bettman veut encore marquer des points. Après avoir annoncé des revenus records de 3,3 milliards de dollars, le commissaire veut revoir le partage du gâteau.

Pendant que les propriétaires accordent des contrats individuels de 10 ou 12 saisons à coups de 100 millions de dollars, Bettman souhaite renverser la proportion du partage des revenus à 54 % en faveur des équipes.

À ce virage à 180 degrés, il veut assortir un plafond salarial à 54 millions de dollars après l'avoir vu atteindre 72,2 millions $ sous le présent contrat de travail. De plus, la durée des contrats serait limitée à 5 ans. L'autonomie complète des joueurs ne s'obtiendrait qu'après 7 ans au lieu de 5.

Joueurs et propriétaires n'ont pas négocié depuis le 31 août. En fait, les frères Donald et Steve Fehr, Bettman et son bras droit Bill Daly ne se sont retrouvés à une même table que lors de 6 des 21 derniers jours.

À l'exception de deux brèves rencontres stériles tenues une semaine plus tard, rien n'est porteur d'espoir pour les amateurs.

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