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Facture de 172 milliards $ pour des infrastructures municipales en danger au pays

11/09/2012 11:28 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Les infrastructures municipales de base sont à risque au Canada, selon le Bulletin d'évaluation des infrastructures canadiennes dévoilé mardi par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et trois organismes partenaires de l'industrie.

Quatre catégories d'infrastructures municipales ont été évaluées dans le bulletin : l'eau potable, les eaux usées, les eaux pluviales et les routes municipales.

Près d'un tiers de ces infrastructures se trouvent, en moyenne, dans un état allant de passable à très mauvais, selon l'enquête volontaire qui a été menée aux quatre coins du pays, auprès de 123 municipalités de toutes les provinces.

Il en coûterait près de 172 milliards de dollars pour remplacer ces infrastructures, soit 50 milliards de dollars de plus que ce qu'indiquait le rapport précédent, dévoilé il y a cinq ans par la Fédération canadienne des municipalités (FMC).

« Ça reflète la crainte de tout le monde que s'il existe un déficit au niveau de la qualité de l'infrastructure aujourd'hui, il faut continuer à investir parce que sinon on risque de se trouver avec un projet qui risque de prendre de l'ampleur », affirme le directeur général de l'Association des municipalités urbaines de la Saskatchewan (SUMA), Laurent Mougeot.

91 milliards de dollars, uniquement pour les routes

Les routes municipales exigent une attention urgente, à l'échelle nationale, selon le bulletin d'évaluation, car une route sur quatre serait utilisée au-delà de sa capacité.

Le coût de remplacement des routes est estimé à lui seul à 91 milliards de dollars, ce qui représente environ 7300 $ par ménage canadien.

Par ailleurs, environ 40 % des usines de traitement des eaux usées, des stations de pompage et de réservoirs sont dans un état qualifié de passable à très mauvais.

Trouver des solutions

Le directeur du centre des études municipales au Conference Board du Canada, Mario Lefebvre, affirme que ces données sont très inquiétantes vu les efforts déployés par les municipalités au cours des deux dernières années.

« On a quand même fait énormément d'efforts en matière de travaux sur les infrastructures. [...] Si on a fait tout ça depuis deux ans et qu'on a vu le déficit se creuser davantage, c'est que là, vraiment, on est rendus à la croisée des chemins, il faut s'asseoir et trouver des solutions », a déclaré M. Lefebvre.

Les partenariats public-privé : une piste de solution?

Certains participants au Sommet national de l'Infrastructure, comme le maire de Winnipeg Sam Katz, pensent que les partenariats publics-privés pourraient aider à régler ces factures très salées.

M. Katz est à l'origine de la construction du nouveau stade de football des Blue Bombers. Ce projet de près de 200 millions de dollars est réalisé en partenariat public-privé et le maire affirme qu'il a très bien fonctionné.

Un représentant du Syndicat canadien de la fonction publique, Charles Fleury, croit pour sa part que ces partenariats fonctionnent pour les projets d'envergure, mais ils comportent aussi des risques financiers.

« Il y a des exemples qui n'ont pas été donnés [mardi] matin d'entreprises qui se sont dit, ''moi je vais prendre le risque en PPP'', puis quand ça n'a pas marché, ils ont transféré le risque aux municipalités en disant "occupez-vous de l'éléphant blanc". La coquille est vide, on n'a plus les moyens de la faire vivre », a-t-il expliqué.

L'inquiétude entourant le financement des infrastructures ne devrait pas se dissiper de sitôt. Le fonds fédéral Chantiers Canada, qui finance des projets d'infrastructures municipaux, doit prendre fin en 2014.

Selon la Fédération canadienne des municipalités, les deux parties négocient pour trouver une solution de rechange.

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