TORONTO - Une nouvelle étude effectuée par une équipe de médecins du Québec remet en question l'âge auquel les enfants sont vaccinés contre la rougeole.

Cette étude arrive à la même conclusion qu'une autre menée en 2011 par les mêmes chercheurs québécois, qui laissait entendre que le vaccin serait plus efficace s'il était administré quelques mois plus tard qu'il ne l'est présentement.

L'auteur principal de l'étude, le Dr Gaston De Serres, de l'Institut national de santé publique du Québec, a présenté les résultats de ses recherches dimanche lors d'une conférence internationale sur les maladies infectieuses à San Francisco.

Le Québec a connu une éclosion de rougeole en 2011, durant laquelle plus de 700 cas ont été rapportés. Étonnamment, plusieurs adolescents infectés avaient reçu les deux doses du vaccin recommandées.

Une étude réalisée l'an dernier par le Dr De Serres avait montré que ceux qui avaient eu la première dose à 12 mois avaient trois fois plus de risques de contracter la maladie que ceux qui avaient reçu leur première dose à 15 mois.

La nouvelle étude parle maintenant d'un risque six fois plus important pour les enfants vaccinés à un an.

Une spécialiste de la rougeole du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis a toutefois affirmé que les autorités doivent viser juste en établissant le moment propice pour immuniser les bambins contre cette maladie.

La Dre Jane Seward a expliqué que la rougeole pouvait être fatale pour les bébés et que l'objectif était donc d'administrer le vaccin dès qu'il est efficace. Mais ce dernier ne fonctionne pas chez les très jeunes bébés parce que les anticorps qu'ils ont reçus de leur mère lorsqu'ils étaient dans son ventre le neutralisent.

Les risques et les avantages d'attendre quelques mois pour administrer la première dose ne seraient pas les mêmes au Canada, où les cas de rougeole sont rares, que dans des pays comme l'Inde, où la maladie demeure endémique.

Le Dr Gaston De Serres a tout de même affirmé que le Canada ne changerait probablement pas l'âge auquel les petits Canadiens sont vaccinés pour le moment, mais a conseillé aux autorités de continuer à surveiller la situation.