MONTRÉAL - Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) se penchera à compter de lundi sur la part du marché télévisuel que contrôlerait Bell s'il donnait son aval à l'achat d'Astral Media au prix de 3,4 milliards $ par le gérant de télécommunications.

L'organisme fédéral entendra les témoignages d'entreprises des industries du multimédia, des télécommunications et de la radio, ainsi que ceux de producteurs, de groupes cinématographiques et de défenseurs des droits des consommateurs. Plusieurs d'entre eux sont opposés à la transaction.

La compagnie mère de Bell, BCE, affirme que si l'entente est approuvée, elle possèdera 33,5 pour cent du marché anglophone, soit sous le plafond d'approbation de 35 pour cent établi par le CRTC.

Par ailleurs, Bell a indiqué qu'elle contrôlerait également 24,4 pour cent du marché francophone après l'acquisition d'Astral. Selon l'entreprise, cela permettrait d'offrir une concurrence plus importante à Québecor au Québec, un marché dominé par le conglomérat de Pierre-Karl Péladeau.

Tous ne sont cependant pas d'accord avec les données présentées par BCE.

Telus, l'un des concurrents de Bell en matière de télécommunications, croit que celle-ci possèderait plutôt trop de parts de marché dans le secteur anglophone et laisserait le téléspectateur avec un ensemble de choix restreint et des factures de câblodistribution plus importantes.

Telus avance ainsi qu'avec l'achat d'Astral,les parts possédées par Bell dans les produits de divertissement Maple Leaf Sports and Entertainment TV et ses parts dans des réseaux comme Télétoon, permettrait à Bell de contrôler 49,5 pour cent du marché anglophone.

Le site Internet «Dites non à Bell» soutient de son côté que si l'acquisition va de l'avant, Bell mettra la main sur 37,6 pour cent de l'audimat télévisuel. Il demande au gouvernement fédéral de s'interposer pour bloquer la vente.

«Si Ottawa permet à cette entente d'être complétée, Bell Canada dominera le milieu canadien de la télédiffusion et deviendra une menace à l'industrie et aux consommateurs du pays», affirme le site web «Dites non à Bell».