VLADIVOSTOK, Russie - Le premier ministre Stephen Harper a exhorté le président de la Russie, Vladimir Poutine, à adopter un comportement permettant d'avancer vers une résolution de la crise en Syrie, plutôt que de faire obstruction aux mesures proposées.

Le premier ministre canadien a livré ce message à son hôte, samedi, lors d'une rencontre de 55 minutes, en face à face au sommet de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

«Assurément, le gouvernement de la Russie et notre gouvernement ont des vues bien différentes sur cette question, a dit M. Harper. Sans nul doute, M. Poutine a un point de vue différent, mais je presse la Russie à jouer un rôle plus positif qu'elle ne l'a fait.»

La Russie a bloqué des tentatives du Conseil de sécurité des Nations unies de sanctionner son allié de longue date au Moyen-Orient. Le président syrien Bachar al-Assad tente d'écraser un soulèvement populaire né il y a 18 mois, dans des violences qui ont fait à ce jour au moins 23 000 morts.

M. Harper a réitéré la position de son gouvernement selon laquelle Bachar al-Assad doit se retirer dans le but de mettre fin au conflit sanglant.

M. Poutine avait répliqué plus tôt cette semaine aux critiques venant de l'Occident en disant que des militants d'Al-Qaïda faisaient partie des forces anti-Assad.

La rencontre dans le cadre de l'APEC survient deux jours après que le Canada ait demandé à la Russie, qui accueille le sommet, de réfléchir à l'appui qu'elle accorde au régime syrien.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, avait ainsi témoigné du mécontentement du Canada à l'occasion d'une rencontre avec son homologue russe Sergeï Lavrov, plus tôt cette semaine.

Lorqu'ils ont pris la photo officielle, MM. Harper et Poutine étaient tout sourire, discutant de commerce et du 40e anniversaire de la Série du siècle qui avait opposé le Canada à l'URSS au hockey.

M. Poutine a d'ailleurs bien apprécié sa rencontre avec quelques joueurs de l'équipe canadienne qui se sont rendus en Russie il y a quelques jours.

Le premier ministre Harper est arrivé à Vladivostok vendredi pour ce sommet. Il a amorcé la journée de samedi avec une table ronde sur le commerce avant sa rencontre avec le président russe.

M. Poutine entame quant à lui ce sommet avec un taux d'insatisfaction sans précédent en Russie. Il a fait face à de vives contestations à la suite de sa réélection au printemps dernier. Il a aussi été montré du doigt lors de la condamnation de membres du groupe punk Pussy Riot à deux ans de prison pour leur hymne anti-Poutine. Plusieurs voient ces condamnations comme un pas en arrière dans la démocratie.

M. Harper et son gouvernement sont demeurés discrets sur la situation en Russie, répétant que l'économie était la priorité à ce sommet.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères des 21 pays membres de l'APEC se réunissaient avant la rencontre de leurs leaders respectifs en fin de semaine.

Avant de prendre la direction de la Russie, M. Harper a affirmé à des hommes d'affaires de Vancouver, jeudi, qu'il revient à la Chine de démontrer que ses entreprises étatiques peuvent respecter les mêmes règles que le Canada.