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Mandat minoritaire pour le PQ, Charest battu

04/09/2012 08:03 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Après neuf années passées dans l'opposition, le Parti québécois a renoué avec le pouvoir, mardi soir, au terme d'une campagne riche en rebondissements. Malgré le plaidoyer qu'elle a lancé à de multiples reprises ces derniers jours, Pauline Marois n'a pas obtenu la majorité qu'elle demandait.

La députée de Charlevoix a tout de même réussi à écrire une page d'histoire en devenant la toute première femme à accéder au poste de premier ministre du Québec.

Le chef libéral, Jean Charest, qui a rapidement concédé la victoire ,a donc perdu son parti de remporter un quatrième mandat, s'inclinant même devant le péquiste Serge Cardin dans sa circonscription de Sherbrooke. Sa formation a toutefois mieux fait que ne le laissaient présager les sondages.

Les formations se sont livré une lutte à trois, que ne reflète pas la répartition des sièges. Le Parti québécois a recueilli 32 % des voix, contre 31 % pour le Parti libéral et 27 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Seules quelque 209 000 voix séparent le PQ de la CAQ.

Pour composer son Cabinet, Pauline Marois aura le choix entre 54 députés. Bernard Drainville (Marie-Victorin), Nicolas Rousseau (Rousseau), Véronique Hivon (Joliette), Agnès Maltais (Taschereau), Marie Malavoy (Taillon), Stéphane Bédard (Chicoutimi), Stéphane Bergeron (Verchères), Bertrand Saint-Arnaud (Chambly) et Maka Kotto (Bourget) comptent parmi les députés réélus.

Le caucus s'enrichira de nouveaux venus comme l'ancien journaliste Pierre Duchesne (Borduas) ainsi que l'ex-chercheur et blogueur Jean-François Lisée (Rosemont). À 20 ans, l'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides) devient le plus jeune député de l'histoire de l'Assemblée nationale. Il a battu le ministre délégué aux finances, Alain Paquet, qui avait participé aux négociations avec les leaders des associations étudiantes.

La circonscription de Crémazie, qui était représentée par l'ex-députée péquiste Lisette Lapointe, devenue indépendante, a par ailleurs été remportée par la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy.

Pauline Marois devra cependant se passer de Nicolas Girard (voir plus bas) et de Monique Richard (Montarville), deux députés sortants qui étaient pressentis comme des candidats ministrables. L'intellectuelle Djemila Benhabib (Trois-Rivières), dont les prises de position en faveur de la laïcité ont défrayé les manchettes au cours de la campagne, a été battue de justesse.

Le Parti libéral, opposition officielle

Jean Charest a perdu la bataille qu'il livrait contre le péquiste Serge Cardin dans Sherbrooke, qu'il représentait depuis 1998.

Seize des 21 ses ministres qui briguaient un nouveau mandat ont cependant réussi à conserver leur siège, dont Jean-Marc Fournier (Saint-Laurent), Christine Saint-Pierre (L'Acadie), Lise Thériault (Anjou-Louis-Riel), Pierre Moreau (Châteauguay), Raymond Bachand (Outremont) et Robert Dutil (Beauce-Sud). Cinq candidats libéraux sont en avance.

La CAQ réalise des percées

La Coalition avenir Québec, pour qui c'était un premier test électoral, a jusqu'ici 17 élus. Notons la réélection, sous cette nouvelle bannière, de l'ancien chef de la défunte Action démocratique du Québec, Gérard Deltell (Chauveau), et de ses anciens collègues Éric Caire (La Peltrie) et Sylvie Roy (Arthabasca).

Le candidat vedette Jacques Duchesneau a également remporté son pari dans Saint-Jérôme, mais Gaétan Barrette, de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, a perdu le sien dans Terrebonne, qui a réélu le péquiste Mathieu Traversy. Deux autres candidats caquistes sont en avance.

Le candidat caquiste François Rebello, qui avait été élu sous la bannière péquiste, a cependant échoué à rallier les électeurs dans la nouvelle circonscription de Sanguinet, qui est allée au péquiste Alain Therrien.

Québec solidaire double le nombre de ses députés, Option nationale perd le sien

Auréolée de sa performance au débat des chefs, la coporte-parole de Québec solidaire (QS) Françoise David fera son entrée à l'Assemblée nationale aux côtés d'Amir Khadir, qui était jusqu'ici le seul député solidaire à l'Assemblée nationale.

L'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec a ravi la circonscription de Gouin au député sortant à Nicolas Girard à sa troisième tentative depuis 2006. La circonscription était dans le giron péquiste depuis 1976.

L'autre coporte-parole de QS Amir Khadir, seul député de la formation, a été réélu dans Mercier, que tentait de reprendre le PQ. Il a facilement défait l'ancien porte-parole du syndicat de l'entreprise d'entretien aéronautique Aveos, Jean Poirier.

Jean-Martin Aussant, qui a délaissé le navire péquiste, puis fondé Option nationale, a de son côté perdu son pari dans Nicolet-Bécancour. Il a été défait par le caquiste Donald Martel, qui a été candidat du Parti québécois lors de la campagne électorale en 2007.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, essaie pour sa part de faire un retour à l'Assemblée nationale sous sa nouvelle bannière dans L'Assomption. Représenté par Lizabel Nitoi, le Parti québécois essaie de conserver dans son giron une circonscription qu'il remporte depuis 1989, à l'exception de 2007, souvent avec d'imposantes majorités.

Un taux de participation qui s'annonce élevé

Les électeurs ont été nombreux à répondre au rendez-vous auquel ils étaient conviés. Selon les dernières statistiques divulguées par le Directeur général des élections, à 17 h 30, le taux de participation était de 52,74 %, en incluant le vote par anticipation.

Le taux de participation définitif n'a pas encore été dévoilé.

En tout, 892 candidats se faisaient la lutte dans les 125 circonscriptions, dont certaines ont été redécoupées en 2011. Pour être à la tête d'un gouvernement majoritaire, un parti doit récolter au moins 63 sièges.

Pour me joindre :

sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca

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