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Élu dans Saint Jérôme, Jacques Duchesneau promet de rester "indigné"

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DUCHESNEAU
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SAINT-JÉRÔME _ Jacques Duchesneau, dont l'entrée dans la campagne électorale a eu l'effet d'un électrochoc, a réussi à se faire élire pour la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.

L'ancien chef de la police de Montréal, qui a pris la tête dès le début du dépouillement des voix et qui n'a jamais cédé sa place, a été déclaré élu peu après 21 h.

M. Duchesneau détenait alors une avance de près de 1000 voix. Sa majorité a toutefois fondu d'une centaine de voix en fin de soirée.

Vers 22 h 30, alors que 203 bureaux de votes sur 215 avaient été dépouillés, Jacques Duchesneau recueillait 40 pour cent des suffrages exprimés, devant le député péquiste sortant Gilles Robert (38 pour cent), le candidat libéral Marc Bustamante (13 pour cent), Vincent Lemay-Thivierge de Québec Solidaire (sept pour cent), Julien Benca d'Option nationale (un pour cent) et Olivier Adam du Parti vert (un pour cent).

L'entourage de M. Duchesneau respirait la confiance en début de soirée mardi. Il faut dire que la grande notoriété de l'homme de 63 ans, devenu le symbole de la lutte anticorruption au Québec, a facilité sa tâche.

Dans un discours prononcé devant une poignée de militants dans son local électoral, Jacques Duchesneau a exprimé le souhait de "renverser le cynisme généralisé qu'on a envers la classe politique". Il a aussi assuré que dans ses nouvelles fonctions de député, il serait guidé par l'intégrité et l'honnêteté.

"Jamais je ne prendrai une décision pour un petit groupe de personnes", a lancé l'ancien directeur de l'Unité anticollusion du ministère des Transports.

"Je vais continuer à être indigné tant et aussi longtemps que ceux qui nous gouvernent n'agiront pas dans les meilleurs intérêts de la population", a-t-il ajouté en entrevue.

M. Duchesneau s'est dit déçu que la CAQ n'ait pu faire élire que 20 députés à son premier test électoral.

"Bien sûr qu'on aurait aimé avoir un parti au pouvoir pour être capables de changer les choses, mais une chose est certaine: ils ne nous empêcheront jamais de parler", a indiqué celui qui serait devenu vice-premier ministre dans un gouvernement caquiste.

Le chef du jeune parti, François Legault, n'avait pas hésité à présenter Jacques Duchesneau comme l'"Eliot Ness" québécois, en référence à l'agent du Trésor américain qui a pourchassé le parrain de la mafia de Chicago, Al Capone, de 1925 à 1932.

À titre de responsable de l'Unité anticollusion, M. Duchesneau avait fait état de plusieurs problèmes dans l'octroi de contrats gouvernementaux dans un rapport retentissant qu'il a lui-même remis aux médias, l'an dernier.

Témoignant devant la commission Charbonneau sur la corruption, en juin, l'ex-policier n'y était pas allé de main morte, allant jusqu'à affirmer que 70 pour cent de l'argent récolté par les "vieux" partis politiques était de provenance douteuse. Du bonbon pour la CAQ, qui a promis de "faire le ménage" dans la gestion de l'État.

Libre-penseur qui n'affectionne pas particulièrement la langue de bois, Jacques Duchesneau n'a pas tardé à placer son parti dans l'embarras. Le lendemain de l'annonce de sa candidature, il déclarait qu'à titre de vice-premier ministre d'un éventuel gouvernement caquiste, il aurait l'autorité de nommer lui-même des ministres, avant de se rétracter.

Des médias sont ensuite revenus sur le financement de sa campagne à la mairie de Montréal, en 1998. Puis le quotidien La Presse a écrit qu'en 2007, il est intervenu pour aider le célèbre culturiste Ben Weider dans une affaire de délit de fuite.

Puis la semaine dernière, M. Duchesneau a de nouveau fait parler de lui en soutenant que des ministres du gouvernement Charest, sans les nommer, se sont rendus sur le fameux yacht de l'entrepreneur en construction Tony Accurso, accusé de fraude.

À Saint-Jérôme, ces faux pas semblent toutefois avoir eu peu d'impact sur la campagne de Jacques Duchesneau, dont la popularité personnelle ne s'est jamais démentie.

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