À quelques heures du scrutin, le candidat du Parti vert du Québec (PVQ) dans Vanier-Les Rivières, Jean Cloutier, demande la démission du chef de la formation écologiste, Claude Sabourin. Le candidat prévoit d'ailleurs se présenter dans une éventuelle course à la chefferie de son parti.

Jean Cloutier n'accepte pas que Claude Sabourin ait rabroué le président du Conseil exécutif national du PVQ, Dany Ouellet, pour son appui au candidat péquiste Daniel Breton dans la circonscription de Ste-Marie-St-Jacques.

Daniel Breton est un environnementaliste bien connu et un cofondateur du Parti vert du Québec. «Il n'y a pas plus 'vert' comme candidat, s'insurge Jean Cloutier. Et nous n'avons même pas de candidat dans cette circonscription, alors pourquoi ne pas lui accorder notre appui?»

Au total, le PVQ présente 66 candidats pour l'élection du 4 septembre prochain, sur un total de 125 circonscriptions. Pour Jean Cloutier, cette performance démontre la faiblesse du leadership de Claude Sabourin, qui a été élu à la tête de la formation politique en novembre 2010.

La bisbille n'est pas nouvelle entre le candidat et son chef sur la possibilité de faire alliance avec d'autre partis progressistes. Lors de l'élection partielle dans Bonaventure, Jean Cloutier, alors candidat pour le PVQ, avait invité les souverainistes à voter pour le PQ. Claude Sabourin avait rapidement désavoué cette stratégie, affirmant que le candidat avait perdu la confiance de son chef.

En janvier dernier, Jean Cloutier a également démissionné de son poste de vice-président du PVQ parce que, selon lui, le chef s'opposait à l'idée d'une alliance en vue des prochaines élections.

Parmi les griefs listés par Jean Cloutier pour exiger la démission de son chef, le candidat rappelle qu'au cours de la campagne électorale un journaliste du quotidien La Presse, Ewan Sauves, a réussi à devenir candidat sans qu'on vérifie ses antécédents. D'ailleurs, Claude Sabourin avait proposé au journaliste-candidat de reprendre à son compte des signatures endossant la candidate précédente dans la circonscription, qui a dû se désister avant l'élection. La pratique est illégale en vertu de la loi électorale.

Questionné à savoir s'il ne craint pas de nuire à son parti en exigeant la démission de son chef à deux jours du scrutin, Jean Cloutier explique qu'il souhaite remplacer Claude Sabourin à la tête du parti. «Moi, je veux amener mon parti ailleurs», dit-il, vantant ses rencontres avec des élus «verts» sur la scène internationale.

Il ajoute qu'il prévoyait déjà exiger la démission de son chef après l'élection générale de mardi. Mais la réaction de son chef à l'appui de Dany Ouellet à Daniel Breton a précipité sa sortie, dit-il. «Et puis, à 48 heures de l'élection, un chef ne peut pas légalement retirer la candidature d'un de ses membres», ajoute Jean Cloutier.

Il avait été impossible de joindre Claude Sabourin au moment d'écrire ces lignes.