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La crise syrienne au coeur du sommet des non-alignés

30/08/2012 09:11 EDT | Actualisé 30/10/2012 05:12 EDT

La crise syrienne est débattue au 16e sommet des pays non-alignés, qui se tient durant deux jours à Téhéran, la capitale iranienne.

Depuis sa suspension de la Ligue arabe en novembre dernier et de l'Organisation de la conférence islamique le 14 août, la Syrie participe pour la première fois à une rencontre internationale d'importance.

Cependant, la délégation syrienne a quitté la salle de conférence durant le discours du président égyptien Mohamed Morsi.

Visiblement les membres de la délégation syrienne ont été indisposés par les propos de M. Morsi, qui a qualifié le régime syrien d'« oppressif ».

« La délégation syrienne a quitté la salle pour protester contre le contenu du discours de Morsi qui [...] est une ingérence dans les affaires intérieures syriennes et [...] une incitation à la poursuite du bain de sang en Syrie », a affirmé Walid Mouallem, le ministre syrien des Affaires étrangères, qui faisait partie de la délégation.

« La révolution en Égypte était un pilier du Printemps arabe, elle a commencé quelques jours après la Tunisie, a été suivie par la Libye et le Yémen et aujourd'hui la révolution en Syrie (vise) le régime oppressif qui a perdu sa légitimité », a-t-il déclaré.

« Les peuples palestinien et syrien veulent la liberté, la dignité et la justice », a souligné M. Morsi.

Le président égyptien a réaffirmé dans son discours le désir de son pays de s'engager avec d'autres pays de la région pour trouver une issue à la crise syrienne.

« L'Égypte est prête à travailler avec toutes les parties pour faire en sorte que le sang s'arrête de couler », a-t-il indiqué.

À la mi-août, le président égyptien avait proposé à l'Iran l'idée de créer un comité régional sur la Syrie formé de l'Égypte, l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie.

L'Iran, principal allié du régime syrien et qui veut jouer un rôle dans la résolution de la crise, a accepté cette idée.

Mais les États-Unis et une partie de l'opposition syrienne sont opposés à la participation de l'Iran en raison de son soutien au régime de Bachar Al-Assad.

Les combats se poursuivent sur le terrain

Les insurgés syriens ont affirmé jeudi avoir abattu un MIG de l'armée syrienne dans la région d'Idleb, près de la frontière turque.

« L'avion a été abattu ce matin par nos hommes qui ont utilisé des armes automatiques peu après son décollage de l'aéroport (militaire) d'Abou el-Zouhour. Les deux pilotes se sont éjectés avec leur parachute et ont été capturés », a indiqué le colonel Afif Mahmoud Sleimane, chef du conseil militaire rebelle pour la province d'Idleb.

Dans la foulée, le commandant a assuré que les rebelles contrôlent désormais cet aéroport, d'où les soldats de l'armée régulière se sont enfuis ou ont été tués.

Un médecin militaire, qui a le grade de général, a affirmé à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que 8000 soldats de l'armée syrienne ont été tués depuis le début de la crise. Selon lui, la majorité des victimes ont été tuées par balle (60%), 35% sont mortes à la suite d'explosions - notamment par des roquettes antichars - et 5% ont été « égorgées ou décapitées ».

Boulangeries visés par les bombardements à Alep

Par ailleurs, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé les attaques de l'aviation qui visaient une dizaine de boulangeries dans la ville d'Alep, où des citoyens faisaient la queue pour s'approvisionner.

« Les attaques étaient au mieux menées sans réfléchir aux conséquences, mais leur récurrence laisse supposer que les forces gouvernementales visaient des civils », affirme HRW, ajoutant que dans les deux cas il s'agit de « crimes de guerre ».

L'ONG affirme que lors d'une attaque le 16 août dernier, 60 personnes ont péri, alors 70 autres ont été tuées.

L'extrême violence qui a lieu à Alep a provoqué une crise alimentaire, contraignant de nombreuses boulangeries à fermer leurs portes. Par conséquent, de nombreuses files d'attente sont formées devant les boulangeries qui restent encore ouvertes.

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