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L'aspirant vice-président Paul Ryan chargé de galvaniser la base républicaine

29/08/2012 07:19 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT
AP
Republican vice presidential candidate, Rep. Paul Ryan, R-Wis. gestures during a walk through ahead of his delivering a speech at the Republican National Convention, Wednesday, Aug. 29, 2012 in Tampa, Fla. (AP Photo/Charles Dharapak)

TAMPA, États-Unis - Les républicains ont entendu mercredi soir le jeune colistier de Mitt Romney, dont le discours à Tampa devait galvaniser et rassurer la frange la plus conservatrice du parti, qui reste méfiante face au candidat choisi pour affronter Barack Obama à la présidentielle de novembre.

Le discours du candidat républicain à la vice-présidence, Paul Ryan, était l'événement principal du deuxième jour de la convention. La veille, la femme de Mitt Romney et d'autres personnalités républicaines avaient joué la carte de l'anxiété économique des États-Unis et promis de mettre fin à «l'absence de leadership» du président Barack Obama.

Paul Ryan, représentant du Wisconsin âgé de 42 ans, est l'architecte d'un plan budgétaire républicain qui prévoit d'importantes coupes dans les programmes sociaux.

Il a soutenu dans son discours que Mitt Romney n'hésiterait pas à prendre les décisions difficiles nécessaires pour restaurer l'économie s'il prend le pouvoir cet automne.

«Après quatre ans à se faire mener en bateau, les États-Unis doivent changer de cap, et l'homme pour faire ce travail est Mitt Romney», a dit Paul Ryan.

«Nous n'éviterons pas les enjeux difficiles», a déclaré M. Ryan, ajoutant que le président Barack Obama et les démocrates sont à court d'idées. «Leur moment est passé. La peur et la division sont tout ce qui leur reste.»

Sous les applaudissements nourris des délégués, M. Ryan s'en est pris particulièrement à l'«Obamacare», le projet de loi cher au président démocrate ayant accordé une assurance-santé à des millions de personnes qui n'y avaient pas accès.

«Le président a déclaré que le débat sur les soins de santé contrôlés par le gouvernement est terminé. Cela sera tout autre pour les millions d'Américains qui éliront Mitt Romney afin que l'on puisse éliminer Obamacare», a exprimé l'aspirant vice-président, dont les propositions pour réduire le déficit massif du pays ont été accueillies avec méfiance par des Américains qui connaissent déjà le colistier.

M. Ryan a ridiculisé l'hypothèse récente de M. Obama selon laquelle ses erreurs avaient résulté d'un échec de communication.

«Il doit parler plus, et nous devons écouter mieux?», a-t-il raillé en élevant la voix. «Mesdames et messieurs, ces quatre dernières années, nous n'avons pas manqué de mots à la Maison-Blanche. Ce qui manque, c'est du leadership à la Maison-Blanche.»

L'aspirant vice-président avait notamment pour défi de paraître acceptable auprès des électeurs indépendants, dont le vote pourrait bien déterminer le résultat de l'élection présidentielle. Paul Ryan est considéré comme un héros par les conservateurs, mais ses propositions budgétaires controversées ont causé des maux de tête à Mitt Romney et ont pris beaucoup de place dans la campagne.

Paul Ryan insiste sur le fait que Mitt Romney est «le patron», mais sa présence dans le «ticket» républicain est rassurante pour les conservateurs, qui se méfient de M. Romney à cause de ses positions modérées sur les dossiers sociaux sensibles comme l'avortement à l'époque où il était gouverneur du Massachusetts.

Le discours du candidat à la vice-présidence est l'un des moments importants de la convention, mais les yeux étaient encore tournés vers la Louisiane, où la tempête Isaac provoque des pluies diluviennes et des inondations. La tempête a déjà forcé l'annulation du premier jour de la convention républicaine.

Mitt Romney envisage de se rendre dans la région touchée par Isaac, mais aucune décision n'a encore été prise, a indiqué son équipe.

M. Romney a quitté Tampa pour participer à un rassemblement de vétérans en Indiana mercredi. Il a critiqué le président Obama pour ce que les républicains estiment être son échec à créer des emplois pour les anciens combattants.

Devant les vétérans, le candidat républicain a déclaré que Barack Obama avait échoué à relancer l'économie et à réduire le taux de chômage.

«Le plus grand échec du président est son échec à créer des emplois» pour les vétérans, a-t-il dit.

Le président Obama, qui faisait campagne en Virginie, s'est dit peu impressionné par la convention républicaine.

«Vous pouvez écouter attentivement, très fort, mais vous ne les entendrez pas proposer une marche à suivre claire», a-t-il dit.

Mercredi soir, les délégués républicains ont aussi entendu le discours de Condoleezza Rice, secrétaire d'État sous l'ancien président George W. Bush.

Plus tôt dans la journée, Mme Rice a déclaré sur la chaîne CBS que les États-Unis étaient devenus «muets» dans les affaires étrangères sous la présidence d'Obama, ce qui a créé un environnement sécuritaire chaotique et dangereux, selon elle. Elle a aussi jugé inefficace la politique de Washington envers la Syrie.