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Les joueurs français en quarantaine

29/08/2012 04:19 EDT | Actualisé 28/10/2012 05:12 EDT

Une poignée de joueurs de football d'origine française pourrait ne pas être autorisée à jouer cette saison dans les universités canadiennes.

Un texte d'Antoine Deshaies

Au moins quatre joueurs français sont touchés aux universités Laval, Sherbrooke et Montréal.

À Laval, les recrues Anthony Dablé et Giovanni Nanguy pourraient ne pas pouvoir jouer.

À Sherbrooke le receveur de passes Paul Braisaz-Latille est touché tout comme Bastien Perreira, le Suisse Alexandre Kuhn et Alexis Stropiano chez les Carabins. Ce dernier a toutefois déjà disputé trois saisons à l'Université de Montréal.

Ce règlement, adopté en 2011 par le Sport interuniversitaire canadien (SIC), stipule qu'un joueur ayant joué dans les rangs professionnels doit être tenu à l'écart du jeu pendant un an avant de pouvoir intégrer une équipe universitaire canadienne.

Or, toute ligue établie à l'extérieur des frontières du Canada est considérée comme une ligue professionnelle, incluant la Ligue de France.

Pourtant, dans cette ligue, seuls de rares joueurs, souvent étrangers, ont le privilège de recevoir un salaire tandis que les joueurs français doivent plutôt payer pour jouer.

L'ancien de receveur de passes des Redmen de McGill, Charles-Antoine Sinotte, a disputé une saison en France comme joueur-entraîneur. Il était quart pour les Centaures de Grenoble.

« C'est vraiment une ligue semi-professionnelle, explique-t-il. Le niveau est très inégal entre les joueurs. Globalement, je dirais que le calibre est supérieur à celui du collégial, mais bien inférieur à l'universitaire canadien. »

Les trois équipes universitaires francophones ont fait une demande pour que le règlement soit revu et que les joueurs recrutés aient le droit de jouer cette année.

Des entraîneurs pourtant unanimes

Le responsable des communications au SIC, Michel Bélanger, explique que le règlement, déjà en vigueur dans les autres sports comme le soccer, le hockey et le volleyball, a été adopté pour uniformiser les critères d'admissibilité.

Il précise que le règlement a été voté en 2011 par les entraîneurs canadiens à l'unanimité et par une majorité des directeurs de programmes sportifs. La réunion s'est tenue en novembre, durant la semaine de la Coupe Vanier, le championnat national.

« Je ne suis pas certain si Glen Constantin, l'entraîneur du Rouge et Or, y assistait, confie Michel Bélanger. J'imagine bien qu'il était sans doute concentré à préparer son équipe pour le match, mais le Rouge et Or avait le devoir de déléguer un représentant. »

Le Sport interuniversitaire canadien s'engage toutefois à écouter les demandes des universités rapidement.

« Notre comité d'admissibilité espère rendre une décision le plus rapidement possible, mais je ne peux garantir que ce sera fait d'ici le début officiel de la saison », précise le responsable des communications.

Tom Huisman, directeur des opérations et du développement du SIC, préside le comité.

Alexis Stropiano, cas d'exception

Le SIC entend aussi évaluer le dossier du Carabin Alexis Stropiano différemment des autres.

Le joueur de ligne offensive a bel et bien revêtu l'uniforme des Centaures de Grenoble en 2012. Ce qui le distingue, c'est qu'il a déjà disputé 3 saisons avec l'Université de Montréal.

Il pourrait donc être sauvé par une clause grand-père.

Le Vert et Or et les Carabins de l'Université de Montréal s'affrontent samedi soir à Sherbrooke.

Le Rouge et Or, quant à lui, ouvre sa saison dimanche après midi contre l'Université McGill. Ce match sera d'ailleurs diffusé à l'antenne de Radio-Canada.

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