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Legault songe à forcer les jeunes médecins qui quittent le Québec à rembourser leurs études

29/08/2012 08:52 EDT | Actualisé 29/10/2012 05:12 EDT

Un éventuel gouvernement de la Coalition avenir Québec pourrait forcer les médecins qui quittent le Québec au terme de leur formation universitaire à rembourser le coût de leurs études.

C'est ce qu'a affirmé le chef de la formation, François Legault, dans un entretien éditorial accordé au quotidien Le Devoir.

Le chef de la CAQ soutient qu'il est « inacceptable » que des médecins formés dans les institutions québécoises partent pour l'Ontario ou les États-Unis sitôt leurs études terminées.

Il vise particulièrement les étudiants de l'Université McGill, où une bonne proportion des étudiants empruntent ce chemin.

« Je n'exclus pas, si c'est nécessaire, d'utiliser la clause nonobstant pour s'assurer de garder plus de médecins qui étudient à McGill », a dit François Legault, dans une référence à l'article 33, ou « dérogation par déclaration expresse », de la Charte canadienne des droits et libertés.

Selon l'Association des facultés de médecine du Canada, 52 % des médecins formés à McGill ont quitté le pays en 2008, et 45 % ont fait de même en 2009. La formation de chacun de ces médecins coûte 160 000 $ aux contribuables québécois.

Une proposition dénoncée par Charest

Le chef libéral, Jean Charest, a critiqué la proposition de François Legault. « Ce n'est pas une très bonne idée », a-t-il soutenu. « On reçoit plus de médecins de l'étranger qu'il y a de Québécois qui vont à l'étranger », a-t-il argué, invoquant des données de l'Institut canadien de la santé. Ces deux dernières années, 80 médecins sont venus s'installer au Québec, tandis que 60 sont partis, a-t-il dit.

« Si on s'embarque dans un système comme celui-là, comment allons-nous recruter des médecins, nous à l'étranger ? », a lancé le chef libéral, passant ensuite à l'attaque. « Ce que François Legault, de toute évidence, refuse de reconnaître aujourd'hui, c'est qu'il manque 1000 médecins au Québec, a soutenu M. Charest, ajoutant qu'il trouvait ce fait « inquiétant » de la part de quelqu'un qui aspire à gouverner.

Ce n'est pas vrai que le problème des médecins de famille sera réglé en donnant « des listes supplémentaires à des médecins de famille », référence à la proposition de la CAQ d'obliger les omnipraticiens à prendre en charge 1000 patients, a martelé M. Charest. « On ne fera pas le service à l'auto dans des cliniques médicales en cinq minutes quand vous êtes malade », a-t-il ironisé.

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