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Colombie : espoir d'un dialogue de paix avec les FARC

28/08/2012 02:50 EDT | Actualisé 27/10/2012 05:12 EDT

Le président colombien Juan Manuel Santos confirme que son gouvernement mène des « discussions exploratoires » avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en vue d'ouvrir un processus de paix après un demi-siècle de violences.

« Depuis le premier jour de mon gouvernement, j'ai respecté l'obligation constitutionnelle de chercher la paix et nous avons entrepris des discussions exploratoires avec les FARC », a-t-il déclaré lors d'une brève allocution télévisée tenue lundi devant le palais présidentiel.

C'est la première fois que M. Santos, au pouvoir depuis 2010, confirme ces négociations avec la rébellion marxiste des FARC, principale guérilla du pays. Tous les détails n'ont pas encore été réglés, mais selon une source proche des services de renseignement, les discussions pourraient avoir lieu à Cuba ou en Norvège.

Le chef de l'État a précisé que les résultats de ces rapprochements seraient connus au cours des prochains jours. Le président Santos exclut toutefois un arrêt des opérations militaires durant cette période.

« Nous maintiendrons les opérations et la présence militaire sur chaque centimètre du territoire », a-t-il souligné, précisant avoir appris des « erreurs du passé ».

Avant lui, plusieurs présidents ont échoué dans leurs tentatives de mettre fin au conflit entre les rebelles et le gouvernement colombien, qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Les dernières négociations menées avec les FARC remontent au tournant du siècle. Les rebelles avaient alors obtenu que le gouvernement crée une zone démilitarisée. Le processus a fini par s'effondrer, les autorités ayant accusé les FARC d'avoir profité de la situation pour se réarmer et relancer leur guérilla.

La seconde guérilla communiste du pays, l'Armée de libération nationale (ELN), qui compte 2500 combattants, a également fait valoir son intérêt à participer à ces « discussions visant à mettre fin à la violence », a indiqué M. Santos.

Selon un sondage publié la semaine dernière, la perspective de négociations de paix est approuvée par 74 % des Colombiens, en plus de susciter un certain consensus dans la classe politique.

« Je crois que tant le gouvernement que les FARC ont compris que continuer la guerre n'a pas de sens », estime Daniel Garcia-Peña, ancien commissaire à la paix entre 1995 et 1998 dans le gouvernement d'Ernesto Samper.

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