Rentrée perturbée par des manifestations étudiantes à l'UQAM (PHOTOS/VIDÉO)

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MONTRÉAL - La rentrée dans les universités montréalaises a été perturbée, lundi matin, et s'il y a eu levée des cours sans trop de frictions à l'UQAM, il en a été autrement à l'Université de Montréal, où la police est intervenue et a procédé à 20 arrestations.

La police de Montréal a indiqué que 19 personnes avaient été arrêtées en vertu de la loi spéciale 12, puis relâchées sans accusation. Un rapport sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui devra déterminer s'il y a lieu de déposer des accusations.

Il s'agissait des premières interpellations effectuées en vertu de la loi spéciale, adoptée au printemps par le gouvernement provincial pour suspendre les sessions dans les cégeps et les universités et imposer des restrictions aux manifestations étudiantes.

Une autre personne a été arrêtée en vertu du Code criminel sous des accusations de voies de fait contre un agent. L'individu masqué et cagoulé aurait poussé un policier, et aurait transporté des projectiles dans un sac à dos.

Le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Ian Lafrenière a souligné que la police était présente lundi dans divers établissements scolaires afin d'«assurer la sécurité de tous». Toute intervention devait toutefois être liée à une demande des autorités des établissements concernés. Ce qui fut le cas à l'Université de Montréal.

Sept personnes avaient d'abord été interpellées puis relâchées sans être mises en accusation.

Des étudiants qui étaient entrés pour empêcher la tenue des cours étaient retenus dans une salle de classe par des agents de sécurité.

C'est la direction de l'université qui a demandé au service de police d'intervenir. «Des accès avaient été bloqués», a rapporté M. Lafrenière. Il y avait également «des allégations de méfaits», a-t-il ajouté.

Vers 10h30, un avis d'expulsion en vertu du Code criminel, et non de la loi spéciale, avait été donné, précisait-il. La plupart des gens ont quitté, mais un petit groupe est resté.

«À prime abord, les gens ont quitté rapidement; ça s'est très bien déroulé», avait résumé le porte-parole policier.

UQAM

À l'Université du Québec à Montréal, un groupe de quelques dizaines d'étudiants, dont certains masqués, s'est rendu dans les classes dès 8h30, en faisant du tintamarre, pour clamer la levée immédiate des cours et convaincre les étudiants de sortir.

Ils devaient procéder ainsi à 11h et midi et toute la journée, à chaque cours qui reprenait. «Dans les cours qui se donnaient ce matin, il y a une centaine de cours qui étaient supposés se donner et aucun n'a eu lieu. Les levées de cours ont fonctionné», a rapporté Alexandre Poulin, coordonnateur aux affaires externes à l'Association facultaire des étudiants en arts de l'UQAM.

Ces levées de cours à l'UQAM auront lieu «toute la semaine», a-t-il prévenu. «Il y a plus de 1000 cours à lever à l'UQAM cette semaine et on sera là à chaque porte de cours.»

En fin d'après-midi, la direction de l'UQAM a appelé au calme, affirmant que les gestes posés en ses lieux comprenaient «des actes d'intimidation».

«Ces gestes inacceptables ont contraint des membres du corps professoral et des personnes chargées de cours de la Faculté des sciences humaines, de la Faculté des arts et du module de science politique à renoncer à leur prestation de cours, par mesure de prudence et de sécurité», a écrit la direction dans un communiqué.

«Compte tenu de la situation actuelle, la Direction juge très risqué de tenter de contraindre, par la force, le retour en classe sans mettre en péril la sécurité des personnes et des biens dont elle est responsable», ajoute encore la direction de l'UQAM.

M. Poulin, de son côté, a expliqué qu'il trouverait injuste que ceux qui désirent rentrer en classe bénéficient d'un enseignement dont ceux qui désirent rester en grève ne peuvent bénéficier.

La direction de l'UQAM, quant à elle, invite les associations étudiantes concernées à «respecter la volonté de celles et ceux qui veulent suivre leurs cours».

Les cours ont d'ailleurs eu lieu normalement dans la Faculté des sciences, la Faculté des sciences de l'éducation, la Faculté de communication et partiellement dans la Faculté de science politique et de droit, souligne la direction de l'UQAM.

Quatre représentants d'associations étudiantes en grève, tant de l'UQAM que de l'UdeM, ont rencontré la presse devant un pavillon de l'UQAM pour commenter cette rentrée perturbée.

Jeanne Reynolds, coporte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, a avancé sa propre explication au fait que c'est surtout à l'Université de Montréal qu'il y a eu des frictions, et non à l'UQAM, traditionnellement plus militante.

«À l'UQAM, qui est un bastion militant assez important, il y a quand même un certain consensus à travers la communauté de l'université, à travers les étudiants et le personnel. Ils ne souhaitent pas faire entrer la police à l'intérieur. Il y a peut-être moins de support à l'Université de Montréal, parce que ce sont des gens qui ont été moins habitués. En même temps, il faut reconnaître qu'actuellement, l'Université de Montréal est très, très militante, a voulu poursuivre la grève et tout. À tel titre que les administrations ont respecté le droit des gens de retourner en classe, elles doivent respecter le droit des étudiants de retourner en grève», a dit Mme Reynolds.

Jusqu'au scrutin

Pour M. Poulin, c'est le scrutin du 4 septembre qui sera l'élément déterminant.

«Nous, ce qu'on a vu dans les assemblées générales, c'est qu'il y avait vraiment une volonté de rester en grève pour mettre en garde les partis politiques que c'est seulement l'annulation de la hausse qui va mettre fin à la grève. Que ce soit le Parti québécois, la CAQ, que ce soit le PLQ qui soit élu, on envoie le message 'nous resterons en grève tant et aussi longtemps que la hausse des frais de scolarité sera en place'», a encore prévenu M. Poulin.

«Aujourd'hui, Pauline Marois a affirmé que si son gouvernement était majoritaire, elle annulerait la loi (12 ou projet de loi 78) et elle annulerait la hausse des frais de scolarité. Bien nous, on demande à Pauline Marois si elle était minoritaire, est-ce que sa promesse électorale tiendrait toujours _ celle qu'elle nous a faite quand elle portait le carré rouge, le printemps dernier?» a demandé M. Poulin.

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