Les grandes centrales syndicales dénoncent vigoureusement les déclarations du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) au sujet d'éventuels dédommagements aux syndicats pour les pertes d'emplois qui accompagneraient l'avènement éventuel d'un gouvernement caquiste.

François Legault, vendredi, s'est dit prêt à négocier avec les syndicats pour atténuer l'impact des changements qu'il propose s'il prend les commandes du pouvoir le 4 septembre prochain. Sans chiffrer ses dires, il indique qu'il pourrait « compenser » financièrement les organisations syndicales pour les pertes de cotisations qu'elles subiraient avec son plan prévoyant l'abolition de 7000 postes dans la fonction publique et chez Hydro-Québec.

C'est sans doute le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, qui s'est montré le plus féroce dans ses commentaires sur le sujet, allant jusqu'à insinuer que la paix sociale pourrait être menacée par l'approche de la CAQ. En voulant ainsi déséquilibrer les forces du marché du travail au profit du patronat, juge le président de la FTQ, la CAQ fragilise la paix sociale solidement installée au Québec et régie par le Code du travail.

« Si on met tous les oeufs dans le panier du patronat, c'est clair qu'il va y avoir énormément d'insatisfaction, et, avec le temps, cela pourrait engendrer la violence. » -- Michel Arsenault

Michel Arsenault évoque des périodes plus agitées de l'histoire des relations de travail au Québec, pour expliquer que « le passé est garant de l'avenir ».

Il dit ne pas être en guerre contre François Legault, mais précise être déçu par son approche. « On devrait être fiers d'Hydro (Québec) au lieu de s'essuyer les pieds dessus ». Le président de la FTQ n'écarte cependant pas l'idée de rencontrer le chef de la CAQ.

De son côté, la CSN a déclaré par voie de communiqué qu'elle « tient à rappeler à M. Legault que le syndicalisme que la CSN pratique n'a pas comme objectif d'amasser des cotisations syndicales! Les cotisations que versent les travailleuses et les travailleurs à la CSN servent à oeuvrer à l'amélioration de leurs conditions de travail et faire progresser la société dans laquelle ils vivent ».

« Jamais la CSN ne cautionnera des abolitions de postes qui diminueront les services publics en échange d'une compensation pour la perte de cotisations syndicales », poursuit la CSN, qui déduit que le chef de la CAQ « démontre encore une fois qu'il ne connaît rien aux relations de travail au Québec », et qu'il « croit qu'il peut ''acheter'' leur adhésion à ses visions néolibérales.

Louis Roy, président de la CSN, précise qu'après « nous avoir démonisé, il veut maintenant acheter notre silence ».

De son côté, Denis Bolduc, secrétaire général du Syndicat canadien de la fonction publique, trouve que cette sortie de François Legault sent l'improvisation à plein nez.

Disant qu'il ne savait pas où le chef de la CAQ allait chercher cette idée de « nous acheter », Denis Bolduc a déploré la volonté de François Legault de sabrer la fonction publique, trouvant qu'il n'y avait aucune logique dans cette démarche.

« La CSN n'est pas à vendre. Cet homme ne mérite tout simplement pas le poste de premier ministre du Québec! », a conclu le président du syndicat.

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