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Charest pilonne Marois sur son cadre financier et la question référendaire

24/08/2012 10:23 EDT | Actualisé 24/10/2012 05:12 EDT

Un texte de Florence Meney

Le chef libéral Jean Charest a choisi comme cadre une exploitation agricole de St-Hyacinthe, vendredi matin, au 24e jour de la campagne, pour présenter ses engagements en matière d'agroalimentaire, mais il a surtout profité de l'occasion pour décocher quelques flèches à ses adversaires.

Appelé à commenter le dépôt en après-midi du cadre financier du Parti québécois, le chef libéral a eu recours à la dérision, critiquant ce qu'il qualifie d'attitude irresponsable de la chef péquiste : « Bonne chance à Mme Marois, j'espère qu'elle aura plus de chance avec son cadre financier qu'avec sa stratégie référendaire. À mon avis, c'est un manque de respect de ne pas avoir déposé ce cadre avant qu'on puisse en débattre ».

Jean Charest ajoute que Pauline Marois est en compétition avec François Legault, chef de la Coalition avenir Québec, pour « celui qui dépensera le plus ».

Au sujet de la stratégie référendaire du PQ, le chef libéral parle aussi de « totale improvisation ». « Bernard Drainville, dit-il, est sorti hier pour corriger son chef, pour dire que si Mme Marois ne respectait pas le référendum populaire, elle flouait la population, si elle faisait abstraction de vote populaire ».

La « purge » de François Legault

Jean Charest dit garder le cap et rester confiant de gagner le 4 septembre, malgré certains sondages qui le donnent en perte de vitesse. Il met les journalistes en garde contre les sondages, qui, rappelle-t-il, donnaient de façon erronée le Wildrose gagnant en Alberta au dernier scrutin général.

Jean Charest accuse par ailleurs son adversaire de la Coalition avenir Québec (CAQ) de vouloir cultiver la « chicane » en coupant dans la fonction publique, entre autres, et de vouloir se livrer à une véritable purge.

Pour Jean Charest, travailler avec des gens qui partagent vos objectifs est souhaitable, mais tout changement doit se faire en douceur.

Il s'agit pour lui d'une attitude néfaste à la santé économique de la province.

En début de conférence de presse, Jean Charest a d'ailleurs une nouvelle fois vanté son bilan en matière économique. Pourtant, de tout récents chiffres montrent que le produit intérieur (PIB) réel du Québec s'est contracté de 0,4 % en mai par rapport à avril au moment où l'économie canadienne progressait de 0,1 %.

Aide à l'agroalimentaire

Évoquant le secteur comme un domaine névralgique, représentant, dit-il, une grande partie de l'économie, mais aussi « de notre mode de vie », Jean Charest a entre autres annoncé la reconduction du plan de la relève agricole pour lequel Québec investit 10 millions de dollars sur 5 ans.

Cette mesure s'ajoute à l'engagement énoncé le 13 août dernier quant à l'exonération fiscale d'impôts sur les gains en capital lors d'un transfert familial d'une entreprise agricole. Elle passera de 750 000 $ à 1 million de dollars, un engagement qui vise également à soutenir la relève agricole.

Par ailleurs, un gouvernement libéral réélu investirait 15 millions de dollars sur 5 ans d'argent frais pour promouvoir le réseau de marchés publics.

Pour soutenir le développement du secteur de la transformation alimentaire par l'achat d'équipements et l'appui de services d'experts, un gouvernement libéral bonifierait également de 13 millions de dollars sur trois ans le budget annuel destiné à cette fin.

On investirait 6 millions de dollars supplémentaires sur trois ans afin de soutenir la compétitivité des pêches et de l'aquaculture commerciales, principalement l'innovation et la commercialisation dans le secteur de la transformation des produits marins.

Pour me joindre :

Florence.Meney@radio-canada.ca

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