DIVERTISSEMENT

Saison 2012-2013 du Théâtre Prospero : le monde vient s'y raconter

23/08/2012 06:12 EDT | Actualisé 23/08/2012 06:16 EDT
Theatre Prospero

Tout en respectant le mandat fondateur du Groupe de la Veillée,qui se charge de présenter des œuvres issues de la littérature étrangère (Écosse, Suède, Irlande, Italie, France, en plus du Québec), la directrice du Théâtre Prospero, Carmen Jolin, affirme avoir choisi des histoires aux accents foncièrement contemporains pour établir la programmation de la saison 2012-2013.

Dès septembre, le Prospero ouvrira ses portes à 10 jeunes acteurs diplômés du Conservatoire de Québec et à leur création collective intitulée Et autres effets secondaires. S’attardant à l’histoire d’un sans-abri schizophrène qui décide de revivre quelques instants de son passé en compagnie d’amis imaginaires, la pièce mise en scène par Marie-Josée Bastien révèlera la quête d’un homme qui cherche à comprendre et à nommer sa blessure.

Le Théâtre l’Opsis mettra un terme à la trilogie du Cycle italien, dirigé par la metteure en scène, Luce Pelletier, après l’accueil mitigé des Enfants de la pleine lune et le grand succès de Frères. Cet automne, La coopérative du Cochon, un texte d’Ascanio Celestini, nous racontera l’épopée de petits garçons qui deviennent vieux en une nuit, occupés qu’ils sont à réunir les sous pour acheter un cochon vivant dérobé aux Allemands, à l’été de 1944.

Après avoir soufflé le public et les critiques dans L’Enclos de l’Éléphant, Denis Gravereaux et Paul Ahmaranise joindront à Danielle Proulx dans La danse de mort, d’August Strinberg. Réputé pour son réalisme magique, le dramaturge suédoisagrémente l’autodestruction d’un vieux couple avec l’arrivée d’un visiteur, mi-ange, mi-démon, bien connu de Madame. « On assiste à une véritable guerre des sexes et à un règlement de compte, explique Carmen Jolin au sujet de la première création de la Veillée cette saison. C’est une relation d’amour-haine extraordinaire avec des échanges piquants, crus, directs et sans aucun sentimentalisme. »

Avec Des couteaux dans les poules, la Veillée nous offre également une rencontre au sommet entre David Harrower, à qui l’ont doit le texte vibrant de Blackbird, et Catherine Vidal, qui avait mis en scène Le Grand Cahier d’Agatha Kristof dans la salle intime du Prospero, à l’hiver 2009. « Il s’agit du drame d’une femme qui veut redécouvrir le verbe et la parole pour avoir accès à la conscience élargie, indique la directrice du Théâtre Prospero. Harrower affirme que c’est son plus grand texte. »

Christiane Pasquier troquera son chapeau d’actrice pour celui de metteure en scène en dirigeant Marc Béland, qui fait partie de la distribution de Pour un oui ou pour un non. « C’est une pièce légère aux propos acides. L’histoire démontre comment une amitié peut êtrebrisée parune phrase banale lancée avec condescendance. »

Notons également la participation de Carl Béchard dans la première mondiale de Combat, de Gilles Granouillet. Il y sera question d’une jeune femme qui retourne dans sa famille et qui commet un crime gratuit et sanglant.

La salle intime du Prospero accueillera quant à elle de jeunes compagnies désireuses de tâter le pouls du public avec leurs créations. Mention particulière à Pig, un nouveau texte de Simon Boulerice, qui a l’habitude de séduire le public avec ses couleurs et sa candeur.