DIVERTISSEMENT

Lancement du deuxième tome de la série Malphas de Patrick Senécal

23/08/2012 11:49 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT
Sarah-Émilie Nault

Si Patrick Senécal a résisté longtemps à l'ère Facebookienne, c'est tout de même grâce à une simple invitation lancée sur le populaire réseau qu'il a retrouvé amis, famille et fidèles lecteurs mardi soir au Verre bouteille, sur l'avenue Mont-Royal, pour le lancement du deuxième tome de sa série Malphas.

«Je commence à voir les côtés positifs de Facebook, même si je ne prends pas encore de photos de ce que je mange le matin ou que je n'explique pas à tous mes amis dans quel ordre je me lave», s'est-il moqué. Rencontre avec l'un des auteurs les plus prolifiques - et étonnamment comique, pour un écrivain de romans d'horreur! - du Québec.

Assise à côté d'un Patrick Senécal rieur et sincèrement sympathique, j'ai peine à croire que c'est lui qui m'a fait passer quelques nuits blanches, traumatisée et bouleversée que j'étais, lors d'une récente lecture de son enlevant duo de romans intitulé Le Vide.

«Malphas 2, torture, luxure et lecture c'est vraiment autre chose», me rassure d'emblée Patrick Senécal. «C'est plus léger et c'est une partie de moi que mes amis connaissent, mais que mes lecteurs ne connaissent pas nécessairement: mon côté humoristique. Bien sûr, je le fais tout en restant dans l'horreur et le thriller que j'aime explorer. Ça reste un humour noir et pas du tout familial.»

L'auteur avait, de son propre aveu, envie d'écrire autre chose, de se renouveller. À 44 ans, il dit avoir besoin d'explorer autre chose pour ne pas se répéter.

«Avec Hell.com, mon dernier roman qui était très trash, les gens disaient "Oh Senécal est de plus en plus trash, est-ce que son prochain livre le sera encore plus?" Il faut faire attention, si les gens attendent de nous quelque chose de spécifique, il faut leur montrer qu'on est capable d'être surprenant», dit-il.

Celui qui est «toujours en train de lire quelque chose» affirme ne pas se restreindre à un seul style de romans. «Je ne vois pas comment un écrivain pourrait ne pas lire beaucoup, ça ne ferait pas de sens.» Bien sûr, il aime lire des romans d'horreur, mais il considère qu'il y en a trop peu.

«C'est dur de trouver de bons romans d'horreur ou de bons livres fantastiques. Ce sont des romans très codifiés et c'est facile de répéter les codes sans les explorer ou les revisiter. Ce n'est pas évident de trouver de bons livres de ce genre alors quand j'en trouve un, je suis bien content.»

Pour rendre plus réaliste l'un de ses personnages de Malphas, un jeune de 13 ans, Patrick Senécal a pu compter sur l'aide de son fils adolescent du même âge. «Mon fils Nathan m'a expliqué comment les ados s'expriment vraiment. Il m'a appris toutes sortes d'expressions souvent étonnantes», a-t-il expliqué.

Si Malphas est nettement plus humoristique, on est en droit de se demander si l'auteur ne souhaite pas prendre une nouvelle direction d'écriture. «Pas vraiment. Mon prochain roman intitulé 15 minutes - dont la sortie est prévue en janvier - est tout autre chose. C'est un conte philosophique ou plutôt un conte allégorique. C'est en fait une critique de l'obsession de la popularité, c'est un peu une version soft du Vide.»

Ceux qui on lu le déroutant Le Vide y retrouveront donc cette thématique récurente de la popularité et de la télé (ou cyber)-réalité qui préoccupe beaucoup Patrick Senécal.

«Je suis très déçu, désillusionné et découragé de la superficialité de notre société», affirme-t-il soudainement plus sérieux. «Et je me rends compte que la réalité est souvent pire que la fiction. Il arrive, dans la vie, des trucs que même dans des livres on n'oserait pas écrire par peur de se ferait dire, ça ne se peut pas!»

Souvent portés au cinéma, d'autres romans de Senécal devraient se retrouver sur nos écrans dans les prochaines années.

«Nous avons un projet de film avec 7 comme 7 heures, mon premier roman pour enfants et un autre avec Espèce dominante qui est, cette fois, un scénario original écrit directement pour le cinéma, ce qui est une première pour moi et que je trouve très intéressant comme expérience.»

L'adaptation du Vide au cinéma devrait aussi éventuellement voir le jour. «C'est un projet de film qui en est à ses premiers balbutiments, mais les droits ont été achetés.»