POLITIQUE

« J'ai le contrôle du calendrier référendaire », assure Pauline Marois

23/08/2012 11:46 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, assure qu'un registre recueillant la signature de 15 % des électeurs québécois préconisant un référendum d'initiative populaire ne lierait pas un éventuel gouvernement péquiste. L'exercice serait purement « consultatif », a-t-elle affirmé jeudi, et « l'Assemblée nationale aura toujours le dernier mot ».

« Bien sûr que j'ai le contrôle du calendrier référendaire. » -- Pauline Marois

La chef péquiste était pressée de questions sur le référendum d'initiative populaire dans la foulée du débat l'opposant au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, mercredi, sur les ondes de TVA.

Ce dernier était d'ailleurs revenu à la charge plus tôt mercredi, en insistant pour que Mme Marois précise sa pensée à ce sujet.

Pour Mme Marois, il s'agit d'une volte-face par rapport à la position qu'elle a défendue l'hiver dernier. Elle soutenait alors qu'un registre recueillant la signature de 15 % des électeurs rendrait un référendum d'initiative populaire exécutoire.

Mme Marois a précisé jeudi qu'un gouvernement péquiste modifierait la loi québécoise afin de tenir compte des balises qu'elle a établies pour un tel registre. Il faudrait notamment, a-t-elle dit, qu'un certain nombre de signatures soit requis dans toutes les régions, mais sans préciser davantage.

Mme Marois annonçait ce matin une série d'engagements en matière de culture. Elle a notamment promis de :

faire passer le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec de 90 millions $ à 100 millions $;

faire passer le budget de la SODEQ de 62 millions $ à 70 millions $;

d'augmenter le budget de Télé-Québec, afin de l'aider à développer un service d'informations régionales;

d'augmenter le nombre d'heures d'enseignement de l'histoire au secondaire de 350 à 500 heures.

Legault muet sur sa position en cas de référendum

François Legault a été longuement interrogé lui aussi sur ce qu'il ferait en cas de référendum lors d'une conférence de presse organisée à Montréal. Le chef de la CAQ a refusé de dire dans quel camp il se rangerait advenant qu'un gouvernement péquiste tienne un référendum sur la souveraineté du Québec.

« C'est une question très hypothétique », a-t-il répondu à plusieurs reprises devant les questions insistantes des journalistes, qui voulaient savoir s'il se rangerait dans le camp du oui ou du non.

M. Legault a réitéré que la CAQ ne défendrait « ni l'unité canadienne, ni la souveraineté », puisque sa priorité consiste à « redresser le Québec ». Il a précisé au sujet de la question constitutionnelle qu'il faut « laisser les options ouvertes pour d'autres générations ».

Le chef de la CAQ a cependant admis qu'en cas de référendum, la règle du « 50 % + 1 » s'appliquerait. La loi sur la clarté référendaire adoptée par le gouvernement Chrétien dans la foulée du référendum de 1995 établit plutôt à 60 % le seuil nécessaire pour une victoire du camp souverainiste.

Une querelle entre souverainistes, dit Charest

Le chef libéral Jean Charest a pour sa part raillé les affrontements entre Pauline Marois et François Legault, qu'il assimile à une querelle entre souverainistes.

« Quand je vous dis que c'était un show de téléréalité politique, on était vraiment en famille souverainiste hier soir. Ça nous annonce quoi? L'instabilité! » -- Jean Charest

« Mme Marois, s'il y a une chose sur laquelle on la croit, [c'est quand elle dit] : "Moi, si je pouvais faire un référendum demain matin, je le ferais demain matin" », a-t-il commenté lors d'une conférence de presse tenue à Dorval.

« M. Legault, hier, pendant le débat, lui reproche de prendre une stratégie pour perdre le référendum. Là c'est le souverainiste qui parle. Il ne parle pas d'ailleurs de le perdre aux intérêts du Québec. Perdre le référendum pour les souverainistes », a ajouté M. Charest.

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