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40 ans et toujours plus haut

23/08/2012 09:26 EDT | Actualisé 23/10/2012 05:12 EDT

« J'étais paresseux, très paresseux. »

Un texte d'Olivier Arbour-Masse

Sans un changement d'attitude draconien, jamais Anthony Calvillo n'aurait pu envisager de célébrer son 40e anniversaire de naissance sur un terrain de football comme il le fera jeudi soir contre les Tiger-Cats, à Montréal.

Un des secrets de sa longévité footballistique : son travail irréprochable en conditionnement physique. Une bonne partie de sa carrière s'est jouée là.

« Plus jeune, je n'étais pas très actif en gymnase, a rappelé le quart des Alouettes. J'avais honte parce que j'étais très mince et que je soulevais des charges ridicules. Quand il y avait quelqu'un d'autre dans le gymnase, je ne touchais pas aux haltères. »

Aujourd'hui, non seulement est-il un modèle de travail, mais en plus, ses coéquipiers ne l'intimident plus. « Ma carrière serait terminée sans cette équipe de grande qualité, sans les gars qui jouent aussi bien autour de moi. Tout part de l'organisation. Avec autant de talent, je n'ai qu'à m'arranger pour que ça roule. »

La famille, le socle

Pour devenir le passeur le plus prolifique de l'histoire du sport qu'il chérit tant, l'athlète de Los Angeles a dû sacrifier certaines de ses amours.

« J'étudie tellement les livres de jeu pendant la saison que je vois peu ma famille. Des fois je me sens mal, car j'aimerais passer plus de temps avec les enfants. »

Si Calvillo attribue une grande part de ses succès à son équipe, il donne également beaucoup de crédit à sa famille, surtout à sa femme Alexia.

« Si c'est toujours la chicane à la maison, tu ne peux pas te concentrer sur le football. Ma femme me comprend. La moitié du temps, quand j'arrive à la maison, je n'ai aucune idée de ce que je vais manger, mais c'est prêt! Elle me rend la vie professionnelle plus facile. »

Le football déteint même sur le ménage à en croire l'analyse de Calvillo. « Nous avons un excellent système à la maison. »

Un système si performant que Calvillo ne sent pas le poids de son âge. « J'ai peut-être 40 ans, mais je joue encore au football, le même sport que je pratiquais à 5 ans. »

Ses coéquipiers voudraient lui offrir une victoire pour souligner son changement de décennie. « On voudrait lui éviter d'avoir à prendre une douche », plaisante le centre Luc Brodeur-Jourdain.

Un modèle... même pour Trestman!

« C'est dur de comprendre la vie d'un quart. C'est le poste le plus difficile, tous sports confondus, lance l'entraîneur Marc Trestman, lui-même un ancien quart.

« On ne réalise pas tout ce qu'il y a à faire sur le terrain comme à l'extérieur pour demeurer à ce niveau pendant tant d'années. Il est le premier arrivé le matin et c'est lui qui verrouille la porte en partant le soir! »

Trestman est rempli d'admiration pour son quart.

« Je suis tellement content de l'avoir côtoyé pendant les cinq dernières années. Il m'a fait grandir en tant qu'entraîneur et en tant que personne. »

S'il a eu un tel impact sur un entraîneur aussi réputé que Trestman, qui sait quel ascendant il pourra avoir sur les recrues?

« C'est comme un grand frère, dit le centre-arrière Patrick Lavoie, cible de quatre passes de touché du vétéran. Il me traite bien. Il prend le temps de m'expliquer les choses. C'est agréable de travailler avec lui. »

Car au-delà des 75 740 verges de gains aériens et des 435 passes de touché, il y a un homme d'exception­.

« Des bons joueurs, j'en ai vu plusieurs, a rappelé Trestman. Je suis moins impressionné par le joueur que par l'homme. Il transcende le vestiaire. Il sait quoi dire et à quel moment le dire. Nous voulons tous être comme lui. En plus, il est drôle. »

La vie de Calvillo, des éditeurs voudraient la coucher sur papier. Des producteurs l'ont également approché pour la projeter au grand écran.

Quel acteur serait le mieux placé pour l'interpréter? « Quelqu'un qui paraît bien, j'imagine. »

Un grand sens de l'humour, disait Trestman...

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