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Le don d'organes obligatoire soulève des questions éthiques

22/08/2012 05:47 EDT | Actualisé 22/10/2012 05:12 EDT

Plusieurs candidats ont réagi au cri du coeur lancé mardi par la mère d'une jeune femme de Québec qui est décédée au moment où elle était en attente d'une greffe coeur-poumons.

Laurence Mainville est décédée le 22 juillet à l'âge de 20 ans. Sa mère, Louise Doyon, croit que seul le don d'organe rendu obligatoire aurait pu sauver la vie de sa fille. Elle entend sensibiliser la classe politique et la population à l'importance du don d'organes.

Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), le Dr Gaétan Barrette, dit avoir été interpellé par le cri du coeur de Mme Doyon. « Ce n'est pas quelque chose qui est spécifique de notre programme, mais évidemment, la promotion du don d'organes doit continuer comme elle est et, idéalement, on devrait aller peut-être vers ça, mais ce n'est pas quelque chose sur lequel on s'engage à cette étape-ci », affirme-t-il.

La députée sortante et candidate du Parti québécois dans Taschereau, Agnès Maltais, souligne que la question du don d'organes mérite réflexion. « Dans le Code civil du Québec, l'intégrité de la personne, on ne peut pas prendre des décisions à la place de la personne. Il faut une réflexion avec l'ensemble de la société sur ce qui est quelque chose jusqu'ici de fondamental dans nos valeurs québécoises. »

Le Code civil du Québec, précise-t-elle, fait en sorte que notre corps nous appartient même après la mort. Ainsi, rendre le don d'organes obligatoire demande un changement dans le Code civil.

Consentement au don d'organes

Plusieurs médecins, dont la Dre Christine Houde, la cardiologue pédiatrique qui a suivi Laurence Mainville, pensent que les gens doivent être donneurs à moins de signer leur carte pour refuser.

Le candidat d'Option nationale dans la circonscription de Jean-Talon, Guillaume Langlois, est médecin. Il est aussi de cet avis. « Comme d'autres pays d'Europe, on présume que les gens veulent donner leurs organes, puis s'ils ne veulent pas donner leurs organes, ils signent leur carte d'assurance-maladie », explique-t-il.

Pour le ministre de la Santé, Yves Bolduc, signer pour refuser n'est pas une option. Il rappelle qu'il en avait été question en 2010 quand la loi a été modifiée. « On en a discuté lors du projet de loi. Rapidement, les gens sont venus avec le consensus que ce n'était pas la voix à suivre parce qu'on créait aussi de l'inquiétude parmi la population. »

Yves Bolduc affirme qu'au niveau éthique, c'est la personne qui doit décider de la disposition de son corps.

Au Canada, une personne meurt chaque jour en attente d'un don d'organes.

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