Huffpost Canada Quebec

Financement politique douteux : accusations contre 11 ingénieurs

Publication: Mis à jour:
ENGINEEER
Alamy

L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) s'apprête à déposer des accusations contre 11 ingénieurs pour des activités liées à du financement politique douteux.

Selon ce qu'a appris Radio-Canada, l'OIQ mène actuellement 250 autres enquêtes sur des ingénieurs pour des cas allégués de corruption.

Certains leaders de la profession reprochent à l'ancienne présidente de l'OIQ et candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Laval-des-Rapides, Maud Cohen, de ne pas avoir agi assez rapidement dans sa lutte contre la corruption.

La CAQ s'enorgueillit depuis le début de la campagne de l'avoir recrutée, en la présentant comme une « incorruptible ». Partout où elle passe, Mme Cohen dénonce la corruption. « Moi, je fais partie de l'équipe Duchesneau, je fais partie de l'équipe anticorruption de la CAQ », a-t-elle dit notamment sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

Mme Cohen se réjouit du travail fait par son ordre professionnel et du fait que 11 ingénieurs devront répondre de leurs gestes dans des cas de financement politique douteux.

Mais, pour un groupe d'anciens dirigeants de l'Ordre et du Réseau des ingénieurs, c'est trop peu trop tard. S'il y a 11 accusations à venir, il n'y a eu, à ce jour, aucun blâme à la suite des 1200 plaintes reçues.

« Mme Cohen a parlé beaucoup - vous m'avez interviewé à l'époque, quand j'étais président du Réseau - comme quoi il fallait absolument que ça se passe, et on interpellait l'Ordre pour qu'il mette en place des mécanismes qui sondent les ingénieurs, qu'il trouve les pommes pourries », dit Yves Lavoie, ex-président Réseau des ingénieurs du Québec.

« Mme Cohen a parlé beaucoup, mais, comme je vous disais tout à l'heure, entre parler et produire des résultats jusqu'à date, il y a un gap », poursuit-il.

Il faut dire que les allégations se multiplient depuis plusieurs années. Il y a presque trois ans, un sondage mené par le Réseau des ingénieurs indiquait même que le tiers d'entre eux avaient été témoins de cas de favoritisme.

« Je me suis déjà fait solliciter par mon patron pour, disons, donner à un ou deux partis politiques et puis me faire rembourser par mon compte de dépenses. Ça, ce sont des choses qui se font couramment », confiait l'un d'eux.

Bien avant l'Ordre des ingénieurs, les escouades policières ont aussi procédé à l'arrestation d'une dizaine d'ingénieurs dans divers dossiers et ont porté des accusations contre trois firmes de génie conseil.

Mme Cohen se défend en disant avoir doublé le nombre d'enquêteurs devant l'augmentation exponentielle des plaintes reçues au cours des trois dernières années.

« Moi, j'aimerais bien que tout soit résolu. Honnêtement, j'aimerais bien que toutes ces enquêtes-là soient résolues. Sauf qu'il faut laisser le temps de faire les choses comme il faut pour qu'effectivement les plaintes soient béton », dit Mme Cohen.

Au syndic de l'Ordre, on souligne que les enquêtes menées sur des cas de financement politique douteux ne touchent pas qu'un seul parti politique.

Au pire, s'ils sont reconnus coupables, les ingénieurs visés pourraient voir leur permis révoqué ou écoper d'une amende maximale de 12 000 $.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Construction: la (longue) marche vers une enquête
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction