Tokyo et Pékin se disputent une île en mer de Chine

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Le bateau des activistes prochinois intercepté par les garde-côtes japonais le 15 août en mer de Chine. (AP)
Le bateau des activistes prochinois intercepté par les garde-côtes japonais le 15 août en mer de Chine. (AP)

Le différend entre Pékin et Tokyo autour d'un archipel situé en mer de Chine méridionale refait surface. Une vingtaine de bateaux japonais ont mis le cap samedi sur les îles Senkaku. Le geste vise à réaffirmer la souveraineté du Japon sur cet archipel, et suscite des vives protestations de la part du gouvernement chinois.

C'est un véritable coup de force que tente le Japon en mettant à bord de ces bateaux quelque 150 personnes, parmi lesquelles figurent des parlementaires et des militants nationalistes. Leur arrivée sur l'archipel est prévue dimanche matin.

« Je veux montrer à la communauté internationale que ces îles sont à nous », a déclaré Kenichi Kojima, un élu local de la région de Kanagawa, proche de Tokyo, qui participe à l'expédition.

« Heureusement, la communauté internationale reconnaît globalement que les îles Senkaku sont japonaises, mais je pense qu'il faut, avec ce genre d'expédition, sensibiliser le plus possible le reste du monde sur ce problème », a pour sa part expliqué la député japonaise Keiko Yamatani.

Avant que la flotille ne largue les amarres, Pékin a adressé une mise en garde formelle à Tokyo, lui demandant de « cesser immédiatement toute action portant atteinte à sa souveraineté territoriale ». « La Chine répète que toute action unilatérale du Japon concernant "les îles" est illégale, nulle et non avenue », précise le communiqué publié par le gouvernement chinois.

Vendredi, le Japon avait expulsé 14 militants prochinois, qui avaient participé mercredi à un débarquement sur l'archipel des Senkaku. Ils ont été arrêtés après avoir débarqué sur un îlot, où ils ont hissé un drapeau chinois.

Pour mener leur action, ces activistes avaient choisi la date symbole du 15 août, jour de la capitulation du Japon en 1945.Outre sa valeur stratégique, cet archipel inhabité situé à environ 200 km au large de Taïwan, représente un enjeu économique : les eaux environnantes sont très poissonneuses et les fonds marins de la zone pourraient receler des hydrocarbures.

Taiwan s'en mêle

Jusque-là relativement silencieux, Taïwan a accusé samedi le Japon d'« occuper sournoisement » les îles contestées. Ce commentaire a été reçu par les médias taïwanais comme le signe d'un possible durcissement de Taipei dans le conflit territorial.

C'est la première fois que Taïwan, qui revendique également cette île, utilise ces termes d'« occupation sournoise » à l'égard du Japon.

Tokyo reconnaît Pékin comme seul représentant de la Chine, mais entretient des relations commerciales et culturelles étroites avec Taïwan, qui fut une colonie japonaise de 1895 à 1945.