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Pauline Marois estime que Jean Tremblay devrait s'excuser

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Pauline Marois | CP

SAINT-JÉRÔME, Qc - La chef du Parti québécois Pauline Marois a dû demeurer sur le terrain miné des accommodements raisonnables, mercredi, à la suite d'une attaque cinglante du maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui a critiqué les positions d'une candidate péquiste en s'appuyant sur ses origines étrangères.

Après avoir participé à l'émission matinale d'une radio montréalaise, où il s'est indigné des positions favorables à la laïcité de Djemila Benhabib, M. Tremblay a multiplié les entrevues dans les médias tout au long de la journée afin de répéter son message.

Sur les ondes de la station de radio montréalaise 98,5 FM, M. Tremblay a allumé la mèche lorsqu'il s'est inquiété que Mme Benhabib soit favorable à une neutralité de l'État, en matière de religion, ce qui l'inciterait à vouloir retirer le crucifix du Salon bleu, à l'Assemblée nationale.

«Nous, les mous Canadiens français, on va se faire dicter comment se comporter, comment respecter notre culture, par une personne qui arrive d'Algérie», a-t-il dit en se défendant de tenir des propos racistes ou xénophobes.

Lors d'une étape de sa campagne au nord de Montréal, Mme Marois s'est aussitôt portée à la défense de Mme Benhabib, candidate dans la circonscription de Trois-Rivières.

«Ce sont des propos complètement inacceptables et irresponsables, a-t-elle dit. Il devrait s'en excuser et il démontre qu'il a une complète méconnaissance du cheminement de Djemila Benhabib, qui est probablement exemplaire quant à son intégration à la société québécoise.»

En entrevue à La Presse Canadienne, M. Tremblay a ensuite refusé de s'excuser, jugeant la demande de Mme Marois enfantine.

«Tu demandes à un enfant de s'excuser, a-t-il dit. Quand tu éduques tes enfants tu leur demandes de s'excuser. Mais se demander ça entre politiciens, je trouve ça enfantin.»

Mme Benhabib, établie au Québec depuis 1997, a affirmé qu'en décidant d'être candidate aux prochaines élections du 4 septembre, elle s'était ralliée à la position du PQ, qui s'est prononcé en faveur du maintien du crucifix, parce qu'il symbolise le patrimoine historique du Québec.

La candidate a apporté cette précision mardi, alors que Mme Marois dévoilait les grands principes qui guideront l'élaboration d'une Charte de la laïcité dans les services publics, qui pourrait avoir pour effet d'empêcher M. Tremblay de réciter une prière avant chaque conseil municipal, une pratique qu'il a défendue jusque devant les tribunaux

L'objectif de cette charte est de proclamer la laïcité de l'État afin de régler la question des accommodements raisonnables, des demandes basées sur des motifs religieux qui ont suscité la controverse au cours des dernières années.

En campagne dans la circonscription de Saint-Jérôme, où se présente la vedette caquiste Jacques Duchesneau, Mme Marois a défendu sa décision d'aborder la question délicate des accommodements raisonnables.

La chef péquiste a plutôt accusé son adversaire libéral Jean Charest d'être responsable des divisions dans la société québécoise sur ces questions.

Mme Marois a jugé que toutes les initiatives du gouvernement Charest, de la commission Bouchard-Taylor en passant par deux projets de lois sur les accommodements raisonnables, n'ont rien réglé.

«C'est parce que le gouvernement n'a pas pris de décisions, n'a pas clarifié certains aspects de ses politiques, qu'il crée la division», a-t-elle dit.

Après avoir condamné les propos de M. Tremblay, Mme Marois a affirmé que l'opinion du maire de Saguenay ne représente pas celle des Québécois. La chef péquiste a appuyé son propos sur l'accueil réservé à Mme Benhabib lors d'un rassemblement de 250 militants à Shawinigan, mardi soir.

«Ils se sont levés spontanément et ils ont littéralement acclamé l'arrivée de Djemila Benhabib sur la scène et quant à moi, c'est significatif de ce que sont les Québécois: généreux, ouverts et tolérants», a-t-elle dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a lui aussi souligné l'ouverture des Québécois, en plus de pointer du doigt vers M. Charest.

«M. Charest, en voulant mettre le dossier des accommodements raisonnables en-dessous de la table, a créé ce genre de réaction», a-t-il dit.

Tout en louangeant la gestion de la députée libérale sortante, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a aussi mis son grain de sel, mercredi, en se faisant le porte-voix de péquistes mécontents du parachutage de Mme Benhabib dans la circonscription trifluvienne.

«Les gens sont un peu étonnés de voir qu'il y avait quand même de bons candidats pour représenter le PQ à Trois-Rivières et qu'on a dû faire venir quelqu'un de l'extérieur pour représenter Trois-Rivières», a-t-il dit sur les ondes du 98,5 FM.

À Saint-Jérôme, Mme Marois a détaillé son programme en matière de transport pour la grande région de Montréal, qui repose sur un accroissement des investissements dans le transport en commun.

Les péquistes veulent ajouter 300 km de voies réservées au transport en commun en plus de prolonger la ligne bleue du métro jusqu'à Anjou, d'ici 2020.

Mme Marois a aussi promis que le train de l'Est sera opérationnel entre Mascouche et Montréal d'ici la fin de 2014, quitte à ce qu'il y ait «des coûts supplémentaires à encourir».

La chef du PQ a affirmé que tous ces projets seront réalisés en modifiant l'affectation des fonds déjà prévus pour les infrastructures de transports de la période de 2011-16, qui totalisent 19 milliards $.

Actuellement, plus de 80 pour cent de cette somme est destinée au réseau routier, mais Mme Marois a indiqué que cette proportion sera revue de manière à favoriser le transport en commun de manière importante.

«Nous n'ajoutons pas aux crédits déjà connus, nous les utilisons et investissons différemment», a-t-elle dit.

Le candidat péquiste Nicolas Girard a affirmé que la proportion consacrée aux transports collectifs sera précisée à la suite de rencontres avec les autorités visées.

La priorité des travaux routiers sera aussi revue pour éviter qu'ils soient tous faits en même temps, ce qui occasionne actuellement de la congestion.

Selon M. Girard, cette situation est attribuable à la perte d'expertise au ministère des Transports.

«C'est à nous de planifier, structurer, organiser les travaux, pour que la main gauche sache ce que fait la main droite, a-t-il dit. Il y a clairement un manque d'expertise.»

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