POLITIQUE

Montréal continuera d'octroyer des contrats au plus bas soumissionnaire malgré l'arrestation d'Accurso

15/08/2012 05:10 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT
SRC

La Ville de Montréal continuera d'accorder des contrats au plus bas soumissionnaire. Toutefois, une entreprise pourrait se voir retirer son contrat si elle impose un prix qui est 15 % plus élevé que les évaluations municipales.

L'annonce a été faite par le maire Gérald Tremblay en conférence de presse mercredi.

Selon le maire Tremblay, l'urgence des travaux, la sécurité publique et le mieux-être des citoyens dictent cette décision, qui n'implique aucune modification législative, selon lui.

« Montréal, c'est le moteur économique du Québec [...] Je ne peux pas et je ne paralyserai pas Montréal sur la foi d'allégations de collusion et de corruption et d'accusations », a indiqué M. Tremblay.

Le maire dit vouloir éviter que les citoyens soient pris en otage lorsque la Ville n'arrive pas à trouver de soumissions à bon prix. Pour ce faire, il souhaiterait que la loi 35 sur l'octroi des contrats publics soit modifiée de manière ce que les municipalités puissent renégocier avec le plus bas soumissionnaire.

La veille de l'arrestation de l'entrepreneur Tony Accurso, accusé de fraude, Montréal avait suspendu l'octroi de 14 contrats d'une valeur de 29 millions à sa firme Louisbourg SBC, le temps de « procéder à des vérifications ».

Montréal menacée de poursuites par les avocats de Louisbourg SBC

M. Tremblay a aussi mentionné avoir reçu, quelques minutes avant la tenue du comité exécutif, une lettre de mise en demeure dans laquelle les avocats de Louisbourg SBC menaçaient la Ville de poursuite judiciaire en cas d'annulation des contrats obtenus par appel d'offres.

« Nous ne subirons [...] aucune intimidation et aucune influence sur les décisions que nous avons à prendre », a martelé le maire Tremblay.

Climat d'incertitude

Par ailleurs, le maire de Montréal enjoint aux politiciens des formations provinciales à « cesser de laisser planer des doutes sur l'intégrité de tous élus ». Après avoir rappelé que tous les élus sont soumis à un code d'éthique, il exige que des faits soient avancés plutôt que des allégations, qui créent un « climat d'incertitude » et rendent la gestion difficile.

Le maire Tremblay exige aussi que les formations politiques clarifient leur position sur la loi 35 avec des engagements et un échéancier. Il se dit d'ailleurs « satisfait des engagements du Parti libéral » qui a dit vouloir revoir et colmater les brèches de la loi 35.

« Je ne veux plus entendre "on verra", ou encore [...] "ce sont ci, ce sont ça". Est-ce qu'on peut avoir des faits? Est-ce qu'on peut parler de vraies choses? » a ajouté M. Tremblay.

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