GRANBY, Qc - Il y aura plus d'inspecteurs de la langue sous un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), afin de s'assurer du respect de la loi 101, a promis le chef François Legault, qui ne craint pas de s'aliéner ainsi le vote des anglophones.

«Le français est menacé au Québec», a déclaré M. Legault lors d'un point de presse, lundi à Granby, où il a fait la promesse d'améliorer les soins à domicile pour les aînés.

Et il le sera toujours, a-t-il ajouté.

Selon le chef de la CAQ, il n'est pas possible de se faire servir en français dans beaucoup de commerces à Montréal.

Mais contrairement au Parti québécois qui veut élargir la portée de la loi 101, notamment pour l'étendre aux cégeps et aux travailleurs des petites entreprises, M. Legault ne veut pas utiliser cette voie.

«On ne veut pas ajouter à la loi 101 et rouvrir cette loi-là. Mais on veut qu'elle soit appliquée», a-t-il insisté.

Bref, la CAQ exigera plus de vigilance car il y a des lacunes selon elle au niveau de l'affichage, du service à la clientèle en français dans les commerces et aussi en tant que langue de travail.

Pour ce faire, il sera nécessaire d'avoir plus d'inspecteurs et de renforcer les pouvoirs de l'Office de la langue française.

«On pense que ce sera nécessaire, donc oui, on augmentera le nombre d'inspecteurs», a indiqué le chef.

Il est aussi envisagé de mieux nantir le budget de l'Office.

Avec cette prise de position, François Legault a dit ne pas craindre de perdre le vote des électeurs anglophones. Selon lui, ce que ces électeurs redoutent d'abord et avant tout, c'est la séparation du Québec, pas la loi 101.

«Ce n'est pas une question de fermeture, c'est une question de survie», a-t-il lancé.

Le chef caquiste estime que les commerçants des Cantons-de-l'Est, qui se sont plaints dans le passé de l'acharnement des inspecteurs de l'Office, doivent comprendre qu'il est nécessaire de poser des gestes concrets pour protéger la langue française.

«Si les commerçants des Cantons-de-l'Est ne sont pas capables de comprendre que le français sera toujours menacé et qu'on a eu des débats difficiles au Québec pour avoir la loi 101, et qu'il n'est pas question de commencer à reculer, ni d'avancer par rapport à l'étendre à d'autres secteurs... Moi je pense qu'on pourrait être capables d'y arriver.

«C'est non négociable», a-t-il par ailleurs ajouté.

M. Legault croit d'ailleurs que le Québec a actuellement atteint un équilibre avec la loi 101.

Promesses aux aînés

L'annonce du jour portait notamment sur les soins à domicile pour les aînés en perte d'autonomie, qu'un gouvernement de la Coalition avenir Québec promet d'accroître.

Selon le chef François Legault, cette approche a un impact sur la qualité de vie des aînés, en plus d'être économique pour la société puisqu'il en coûte moins cher de maintenir une personne à domicile plutôt qu'en établissement.

Soulignant que seulement 20 pour cent des personnes âgées reçoivent des soins à domicile par rapport à 80 pour cent qui habitent en centre d'hébergement, M. Legault a dit vouloir inverser ces proportions.

«Il faut effectuer le virage de l'hébergement aux soins à domicile», une tâche à laquelle le gouvernement libéral a failli, a-t-il soutenu devant un centre d'hébergement de Granby.

Il a calculé que 16 400 personnes sont actuellement en attente de recevoir des soins à domicile. «Sans compter tous ceux qui n'osent pas le demander», a-t-il laissé tomber.

La CAQ augmenterait aussi la fréquence des inspections dans les centres de soins de longue durée, créerait un poste d'ombudsman des aînés et mettrait sur pied un centre de référence afin d’aider les aînés à faire valoir leurs droits, notamment pour négocier leur loyer.

M. Legault veut aussi adopter des mesures pour sévir plus sévèrement contre ceux qui abusent des personnes âgées, et rendre les dirigeants responsables des centres qu'ils gèrent.

Il n'a cependant pas donné une évaluation des coûts de ces nouvelles promesses. Il a néanmoins indiqué que son parti allait présenter cette semaine le cadre financier de sa plateforme électorale.

Pressions sur le chef

La plateforme caquiste, dévoilée dimanche, ne contient pas la promesse de l'Action démocratique du Québec (ADQ) d'octroyer 100 $ par semaine par enfant qui est gardé à la maison, plutôt que d'être en garderie subventionnée. Il s'agissait pourtant de l'une des conditions de la fusion entre les deux partis.

Mais François Legault s'est défendu lundi d'avoir trahi l'ADQ.

Il a expliqué que l'état des finances publiques du Québec ne permettait pas d'offrir cette somme aux familles. Et que la CAQ avait dû faire des choix.

François Bonnardel, ex-adéquiste et maintenant candidat caquiste dans Granby, a épaulé son chef en réitérant ses propos, se disant très à l'aise avec la décision. La rigueur économique est de mise, dit-il.

En voulant se servir de ce possible conflit interne pour attaquer son adversaire Francois Legault — et possiblement pour lui enlever le vote des adéquistes — le chef libéral Jean Charest s'est étrangement retrouvé à défendre l'ADQ.

«Des 94 engagements qu'il prend, il 'flush' totalement l'ADQ et les anciens députés de l'ADQ. C'est une vraie humiliation», a lancé M. Charest, rappelant que l'une des deux conditions de la fusion était justement le 100 $ par enfant.

Le chef de la CAQ ne croit pas non plus que les compressions qu'il a annoncées dans la fonction publique — notamment en éliminant 7000 postes de fonctionnaires et les changements annoncés aux heures de présence à l'école secondaire — vont créer une confrontation avec les syndicats.

Même si les changements peuvent en indisposer certains, M. Legault reste confiant et croit que tout peut se régler par la négociation. «Être ferme sans être fermé», a répété M. Legault. Il ne croit pas devoir se servir d'outils matraques, comme une loi spéciale, pour mettre en oeuvre sa plateforme électorale.

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  • 23 février 2000

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  • 13 novembre 2001

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  • 12 janvier 2009

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  • 25 juin 2009

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  • 21 février 2011

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