DIVERTISSEMENT

Heavy MTL: une 2e journée avec Marilyn Manson et Slipknot qui terminent un weekend d'enfer! (PHOTOS)

13/08/2012 04:37 EDT | Actualisé 13/08/2012 06:30 EDT
Marc Young

Les orages, qui étaient prévus à la base pour le 12 août 2012, ont finalement laissé place au soleil et à la chaleur au Parc Jean-Drapeau, au plus grand plaisir des admirateurs de métal. Accueillant près de 22 000 fervents amateurs et passionnés, la deuxième journée a été tout aussi chargée, sinon plus, que la première.

La liste des artistes à l’affiche était encore plus imposante avec notamment: Protest The Hero, B.A.R.F., Gojira, Trivium, The Dillinger Escape Plan, Suicidal Tendencies, Cancer Bats, In Flames, Voivod, Marilyn Manson et les très attendus membres de la formation heavy metal Slipknot.

Quelques gouttes de pluie sont tombées entre 18h30 et 19h00 pendant les performances fracassantes de Suicidal Tendencies puis de In Flames, mais rien d’alarmant. La météo demeura clémente pour le reste de la soirée.

In Flames: Entrevue

Le Huffington Post Québec a eu la chance de s’entretenir brièvement avec Daniel Svensson, le batteur du réputé groupe métal suédois In Flames. Le quintette ne figurait pas sur l’horaire de la journée au départ. Il a été prestement invité à venir remplacer le spectacle de Lamb of God à 18h45 sur la scène Heavy MTL, le chanteur de ce dernier faisant face à des poursuites judiciaires en Europe.

Le plus jeune membre du groupe qui s’ajouta à la formation en 1998 était visiblement heureux d’être de retour si rapidement à Montréal, après leur dernier passage au Metropolis en février dernier: «Montréal est une belle ville pour nous et nous sommes flattés que le festival ait pensé à nous en remplacement de Lamb Of God. Même avec si peu de délai pour le festival, nous sommes très fiers d’être là!»

Quelque peu avant d’entrer sur scène, Svensson nous confia aussi qu’ils allaient bien sûr jouer quelques anciens succès, mais qu’ils voulaient surtout se concentrer sur le matériel de leur nouvel album, «Sounds of a Playground Fading», sorti en juin 2011. Effectivement, leurs adeptes ont eu droit à quelques pièces de «Come Clarity» (2006), mais l’heure a surtout été consacrée à des chansons tirées de leur dernier album telles que: «Where The Dead Ships Dwell», «Fear Is The Weakness» et «Deliver Us».

Lorsque nous l’avons interrogé au sujet de futurs plans pour In Flames, le batteur nous a répondu honnêtement: «Nous allons poursuivre la tournée en cours pour encore un an, faire la promotion de notre dernier album. Par la suite, nous penserons au prochain album. Nous prenons les choses une à la fois, l’important c’est que nos fans soient contents.» Et ils n’ont pas été déçus non plus! Leur prestation a été l’une des plus énergiques et la foule ne semblait jamais se lasser, créant plusieurs «mosh pits» déchainés!

Marilyn Manson: moins de controverse que prévu

Le célèbre et contesté Manson arriva à point devant une foule gonflée à bloc par In Flames. Tout de noir vêtu, laissant transparaître plusieurs de ses tatouages sur ses bras, le visage blanc affublé d’une large bande rouge maquillée sur ses yeux, il débuta son heure avec «Hey Cruel World».

Son micro passant d’une poignée en forme de poing américain à un énorme poignard, et ses chapeaux s’alternant d’une casquette de policier à un haute-forme, Brian Hugh Warner (de son vrai nom) ne manquait pas d’accessoires, mais peut-être un peu de tonus. Les quelques fois où il s’adressa à son public, il était très difficile de discerner les mots qu’il mâchait. Il leur envoya par contre plusieurs baisers soufflés.

Le chanteur américain de 43 ans et son groupe ont fait plaisir à tous en interprétant tous ses plus grands succès en carrière tels que «Disposable Teens», «mOBSCENE», «The Dope Show», «Rock Is Dead», «Antichrist Superstar» et, en grande finale, «The Beautiful People». Il ne manqua pas non plus de jouer ses deux adaptations connues de «Personal Jesus» par Depeche Mode et de «Sweet Dreams (Are Made Of This)» par Eurythmics.

Malgré la sonorité parfois contestable, il n’en était pas moins impressionnant de voir le personnage s’agiter sur scène, son maquillage coulant sur son visage au fil des minutes, le rendant un peu plus terrifiant. Il a su bien installer l’ambiance un peu «gore» et enragée nécessaire à la grande finale du weekend avec Slipknot.

Slipknot: une hystérie contagieuse

C’est ainsi qu'à 21h, derrière un grand rideau blanc illuminé de rouge, au son de «Iowa» et «742617000027», la troupe originaire de Des Moines a fait son entrée spectaculaire! L’excitation de la foule était à son paroxysme, alors que le rideau tomba sur la scène Heavy MTL et les huit membres masqués (leur bassiste (no 2) n'ayant toujours pas été officiellement remplacé depuis son décès), tout d’orange vêtus, ont entamé «[sic]», tirée de leur premier album «Slipknot» (1999).

Le visuel était tout simplement à couper le souffle. On avait l’impression d’assister à une énorme pièce de théâtre musicale tout aussi enivrante que terrifiante. S’enchaînèrent «Eyeless», «Sulfur», «The Blister Exists», «Wait And Bleed» et «Before I Forget», durant laquelle le zèle dont la foule a fait preuve était du jamais vu!

Chaque personnage masqué numéroté de zéro à huit était bien à sa place, mais quelques-uns en particulier ont rendu le spectacle encore plus démentiel. Comme Shawn Crahan avec son masque de clown pivotait sur une plateforme qui montait et descendait au rythme de ses percussions qu’il frappait avec une ferveur inégalée.

Quant au DJ attitré de la formation, Sid Wilson, on aurait dit qu’une sorte de folie et de rage s’étaient emprises de lui tout au long de la soirée. Il grimpa à plusieurs reprises sur la haute plateforme mobile de Crahan, tel un singe sans aucune crainte. Il effectua du «body surfing» à maintes reprises dans la foule, allant même jusqu’à grimper sur la haute tente des techniciens de son au centre de la foule, s’y jetant sans le moindre remord!

Le batteur Joey Jordison, vers la fin de l’heure et demie d’émotions fortes, s’est surélevé sur son immense plateforme qui s’est ensuite penchée vers l’avant, laissant le musicien complètement suspendu face au sol! Le fait qu’il continua à jouer sans le moindre mal fut tout aussi magistral!

Après avoir joué encore plusieurs succès tels que «Vermillion», «Everything Ends» et « Snuff», le groupe a voulu poursuivre avec l’excellente «Duality». Le chanteur Corey Taylor a pris un moment pour dédier cette chanson à leur défunt bassiste Paul Gray, aussi connu sous le nom «The Pig». L’un des principaux compositeurs du groupe métal avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel en Iowa, le 24 mai 2010, des suites d’une overdose accidentelle de morphine. C’était un moment fort en émotions et l’audience ne se fît pas prier pour hurler leur hommage à l'idole décédée.

Un mouvement massif de foule a ensuite été organisé par Taylor avant «Spit It Out», alors qu’il demanda à tout le monde devant lui de s’asseoir et de ne se relever que lorsqu’il leur dirait de sauter. Pendant ce temps, Wilson s’affaira à une autre de ses folies, s’installant au beau milieu de ses admirateurs, entouré de gardes de sécurité qui l’ont soulevé dans les airs en même temps que le chanteur donnait le signal à la foule de se lever: quel moment saisissant!

La soirée remplie d’émoi, de délire et d’hystérie totale se termina avec «People = Shit» et «Surfacing», aussi tirée de leur premier album éponyme.

Taylor ne manqua pas, tout au long de sa prestation, de remercier ses admirateurs et de montrer clairement son amour pour eux, qualifiant Montréal et leurs admirateurs du Canada de seconde famille pour Slipknot. Ce n’était pas difficile à croire, l’attachement était bien réel vu les milliers de personnes présentes au Parc Jean-Drapeau hier soir.

Le groupe quitta la scène sous les notes plus douces de «‘Til We Die» et une pluie d’applaudissements et de hurlements incessants. L’engouement se poursuivit jusqu’au métro et dans les couloirs de la station Berri-Uquam où tous scandaient des «Slipknot! Slipknot!» à s’en arracher les poumons, et chantaient haut et fort les paroles des chansons jouées pendant le spectacle.

Il va sans dire que c’était un weekend «hard» haut en couleur qui s’est terminé dans le triomphe complet. La version 2013 du Heavy MTL se tiendra les 10 et 11 août prochains. À suivre!

Voyez notre album photos (toutes les photos sont de Marc Young):

Heavy MTL 2012: Jour 2