POLITIQUE

Marois est attaquée de tous les côtés à la suite de ses propos malheureux

12/08/2012 05:46 EDT | Actualisé 12/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Pauline Marois voulait marquer un essai sur le chapitre de la protection de la langue française, mais elle a dû se défendre contre les attaques provenant de tous les côtés à cause des propos malheureux de la veille au sujet des «saines» habitudes de vie que devrait avoir un ministre de la Santé.

La chef péquiste s'est défendue d'avoir ciblé le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) Gaétan Barrette. Elle a déclaré que tous les Québécois étaient responsables d'avoir des habitudes favorisant une bonne santé. «Mon propos visait tous les Québécois», a-t-elle dit.

Gaétan Barrette, loin de décolérer, en a rajouté en dénonçant l'insignifiance des propos de Mme Marois, qu'il a assimilés à de l'intimidation de cour d'école. «On est dans l'insignifiance de l'école primaire et je m'attends à mieux d'une chef de parti qui veut faire un pays, a-t-il dit. On est dans le bébé la-la.»

Le chef caquiste François Legault a pour sa part soutenu que, malgré les explications de Mme Marois, son propos faisait indéniablement allusion au candidat vedette de la CAQ. «Il est temps qu'on débatte d'idée et qu'on arrête les attaques personnelles, surtout les attaques sur le physique des gens», a-t-il dit.

Jean Charest a condamné sans réserve «l'attaque personnelle» de Mme Marois à l'endroit du Dr Barrette.

Privé ou public ?

Mais le Dr Barrette s'est aussi retrouvé sous les feux de la rampe alors qu'il a dit croire qu'un gouvernement caquiste pourrait fort bien vivre sans accorder une plus grande place au privé dans le secteur de la santé.

Il a plaidé qu'avant de recourir au privé en santé, il faudra d'abord que le système public soit utilisé à pleine capacité, ce qui n'est pas le cas, selon lui.

La CAQ veut lancer un «projet-pilote en vertu duquel des médecins pourraient être rémunérés par le secteur privé à la condition d'avoir accompli un nombre d'heures suffisant dans un établissement public».

Or, selon le candidat Barrette, ce projet-pilote ne verra le jour que «lorsqu'on aura atteint la pleine efficacité du système public et on est loin de là».

«J'ai toujours dit que le privé avait sa raison d'être à la condition expresse et absolue que le public ne soit plus capable de faire ce qu'il a à faire.»

Langue française

Mme Marois a tenté de consolider son électorat nationaliste en s'engageant à présenter une refonte de la Charte de la langue française à l'intérieur des trois mois suivant l'élection du 4 septembre.

«Nous déposerons une nouvelle Loi 101 plus forte, plus cohérente, plus ambitieuse, a-t-elle dit. Il s'agira de lui rendre la cohérence que lui a enlevée la Cour suprême, de la clarifier et de la rendre conforme aux besoin de notre époque.»

La chef péquiste a répété son intention de donner à l'OQLF plus de personnel pour faire respecter l'affichage en français.

Les 54 000 entreprises comptant entre 11 et 50 employés, notamment dans le commerce de détail, seraient aussi soumises à la loi 101, augmentant ainsi les obligations d'assurer le droit de travailler en français.

Actuellement limitée aux primaire et secondaire, l'obligation d'étudier en français serait étendue jusqu'au cégep, aux écoles de formation professionnelle et à l'éducation des adultes.

L'annonce a fait rager les libéraux. Pour une, Christine St-Pierre s'est répandue sur les réseaux sociaux pour défendre son bilan et attaquer celui des précédents gouvernements péquistes.

L'ordre et la loi

Dans l'espoir de doubler ses adversaires sur le terrain de la lutte à la corruption, Jean Charest a annoncé de nouvelles mesures pour mettre les entrepreneurs véreux hors d'état de nuire.

S'il est reporté au pouvoir, le gouvernement libéral n'attendra plus un verdict de culpabilité pour priver un entrepreneur du privilège de soumissionner sur un contrat public, a indiqué le chef du PLQ.

S'il fait l'objet d'une accusation criminelle «grave» ou de fraude, un actionnaire ou un dirigeant d'entreprise de construction ne pourra plus décrocher un contrat du gouvernement, du moins jusqu'à ce que le tribunal décide de son sort.

Ainsi, le gouvernement n'attendra plus le verdict de culpabilité pour priver un entrepreneur du privilège de soumissionner sur un contrat public. S'il fait l'objet d'une accusation criminelle «grave» ou de fraude, un entrepreneur ne pourra plus soumissionner sur des contrats du gouvernement jusqu'à ce que le tribunal décide de son sort, a annoncé M. Charest.

La corruption, l'abus de confiance, l'extorsion et le complot seraient ajoutées à la liste des accusations criminelles entraînant immédiatement la sanction.

Ce nouvel engagement libéral contre la corruption n'a aucune valeur aux yeux de ses adversaires. Tant Mme Marois que M. Legault ont jugé qu'en la matière, M.Charest agit trop peu trop tard.

Plate-forme caquiste

Les questions de la loi et de l'ordre figurent parmi les 94 engagements de la plateforme électorale de la CAQ qu'a dévoilés François Legault. On y reconnaît des termes fréquemment utilisés par le gouvernement fédéral de Stephen Harper. «Nous devons cesser d'être aussi permissifs pour les auteurs de crimes graves. Les citoyens en ont assez des sentences bonbons données pour des crimes violents contre la personne, en particulier les agresseurs sexuels, et pour les criminels de la route», est-il écrit dans la plateforme caquiste.

Autre nouveauté: un ménage des structures de gouvernance à Montréal et la tenue d'un vote secret avant de reconnaître un nouveau syndicat.

M. Legault éliminerait les postes de conseillers d'arrondissement et réduirait le nombre de conseillers municipaux à «moins de 50». Il veut également revoir le partage des pouvoirs entre les arrondissements et la ville centre, de façon à ce que Montréal dispose de plus de pouvoirs.

Il modifierait le Code du travail pour imposer le scrutin secret pour la reconnaissance d'un nouveau syndicat, une demande patronale de longue date. À l'heure actuelle, un nouveau syndicat, pour être reconnu, doit faire signer des cartes d'adhésion à une majorité de travailleurs.

Santé solidaire

Québec solidaire propose d'augmenter l'enveloppe budgétaire consacrée aux omnipraticiens dans le réseau public de la santé, quitte à revoir le salaire des médecins spécialistes.

Le parti propose de repartager les enveloppes budgétaires consacrées aux omnipraticiens et aux spécialistes. «Ça peut vouloir dire que certains radiologistes qui font jusqu'à 600 000 $ par année ne pourraient plus continuer à le faire», prévient le coporte-parole de QS, Amir Khadir

La formation politique désire aussi renforcer les services de première ligne comme les CLSC. Cette promesse est évaluée à 600 millions $.

Québec solidaire souhaite aussi diminuer le temps d'attente dans les urgences hôpitaux. Pour ce faire, 300 millions $ seraient investis dans la création de guichets uniques régionaux pour les interventions non-urgentes, dans la prolongation des heures d'ouverture des salles d'opération et des plateaux de diagnostics jugés «sous-utilisés» et dans l'ajout de places dans les CHSLD.

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