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La CAQ est-elle vraiment un parti de droite en matière d'économie? (VIDÉO/PHOTOS)

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FRANCOIS LEGAULT
François Legault. (PC) | PC

MONTRÉAL - Si les adeptes d'une économie conservatrice cherchent à découvrir l'espoir des partisans de la droite aux élections provinciales québécoises, ils vont devoir jeter un regard un peu plus à gauche.

La Coalition avenir Québec (CAQ), dirigée par l'homme d'affaires millionnaire François Legault, se présente en protectrice des petites entreprises et championne de l'esprit d'entreprise de la province.

Dans la plateforme du parti, toutefois, des plans visant à réduire les impôts côtoient une promesse d'empêcher les prises de contrôle étrangères. Les avantages de la prise de risques sont mis en exergue, tout juste à côté d'un engagement du futur gouvernement à jouer un plus grand rôle dans la protection des entreprises.

Après avoir parcouru la plateforme électorale de la CAQ, Stephen Gordon, professeur d'économie à l'Université Laval, estime qu'il s'agit là de la «liste de souhaits» d'un homme d'affaires.

«Ce n'est cependant pas la même chose que d'être en faveur du marché», a-t-il précisé.

Certaines propositions économiques de la CAQ sont effectivement de nature conservatrice. Le parti utiliserait 100 pour cent des redevances sur les ressources naturelles pour réduire la dette de la province, éliminerait 7000 emplois dans la fonction publique, en plus de réduire les impôts et les frais des particuliers de plus de 1,8 milliard $ sur cinq ans.

Bien que le taux de chômage de la province se rapproche désormais de la moyenne nationale qu'il ne l'a été depuis des décennies, le Québec traîne encore de la patte.

M. Legault veut également favoriser l'esprit d'entrepreunariat, le tout soutenu par le Régime des rentes du Québec. Selon certains économistes, il s'agit cependant là d'une proposition risquée. Ceux-ci estiment que les régimes de rentes et les fonds de pensions réussissent moins bien lorsqu'ils sont guidés par la politique. Les économistes croient également que la protection contre des compétiteurs étrangers est une excellente façon de nuire à l'innovation.

M. Legault envisage de diriger 5 milliards $ de la Caisse de dépôt et placement, le gestionnaire du régime des rentes du Québec possédant des actifs de 160 milliards $, vers un nouveau fonds pour l'exploitation des ressources naturelles qui achèterait des parts allant jusqu'à 49 pour cent dans des entreprises de ce secteur.

Un autre économiste souligne que les Québécois s'inquiètent bien davantage du fait que leurs entreprises appartiennent à des propriétaires étrangers que les autres Canadiens.

«Nous n'avons pas de débats économiques qui viennent polariser la gauche et la droite au Québec», affirme Martin Coiteux, un spécialiste de la macroéconomie aux HEC.

«La CAQ n'a certainement pas un programme de gauche, mais il ne s'agit pas non plus d'un programme de droite, du moins pas dans le sens classique du terme.»

Selon les observateurs, en fait, les différences entre la CAQ et ses rivaux, particulièrement les libéraux, est une question de degré, chacun des trois principaux partis présentant une plateforme interventionniste dans des proportions variables.

MM. Legault et le premier ministre Jean Charest priorisent ainsi le remboursement de la dette, mais en fonction des détails offerts par les partis, le rythme de remboursement de la CAQ serait huit fois plus élevé que celui des libéraux.

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